MAGHREB
07/11/2013 10h:52 CET | Actualisé 07/11/2013 11h:00 CET

Hannah Habibi Hopkin, une artiste londonienne qui mélange art et religion pour un résultat décalé et amusant

Hannah Habibi

Hannah Habibi Hopkin a choisi l’humour pour dénoncer les stéréotypes autour de la femme musulmane.

Cette artiste londonienne s’est en effet inspiré de Roy Lichtenstein, grande figure du mouvement pop art américain, pour explorer des thèmes comme la religion et l’identité sous un angle plus léger.

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Photo: Hanna Habibi

"Hear no evil, see no evil, speak no evil"

Son travail fait appel à des couleurs vives et des bulles de bande dessinée pour rendre son art plus ludique et accessible.

Comme le résume le Crucible Magazine: "Elle extrait des scènes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui sont typiquement ‘énigmatiques’ et les transpose sous une forme occidentale familière: le pop art."

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Photo: Hannah Habibi

"We Can Do It"

Contactée par le HuffPost Maghreb, Hannah Habibi explique :

"J’essaye de faire des œuvres qui communiquent vraiment et qui parlent d’elles-mêmes, parce que c’est la meilleure façon de faire passer des ‘messages’".

L’un de ses sujets de prédilection, comme on peut le voir dans ses peintures et ses photos, c’est la femme en niqab.

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Photo: Hannah Habibi

"I'm a Lover, not a Fighter"

Hanna Habibi, qui est née, a grandi et vit encore en Angleterre, s’est convertie à l’islam il y a plusieurs années et portait elle-même le hijab jusqu’à l’année dernière.

"Je voulais contrer la représentation très polarisée des femmes musulmanes faite presque quotidiennement par les médias, raconte-elle. Bien que la discrimination et l’oppression envers les femmes existent indubitablement dans les communautés musulmanes (comme dans n’importe quelle communauté, indépendamment de la religion et de l’endroit!), représenter systématiquement toutes les femmes musulmanes comme des victimes en vertu de leur croyance ou de leur milieu me semblait juste ridicule… Du coup j’ai voulu faire quelque chose d’effronté, de chatoyant et d’amusant".

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Photo: Hannah Habibi

"Made you look!"

Quant aux réactions provoquées par ses œuvres, l'artiste répond n’avoir reçu pratiquement aucun retour négatif pour l’instant:

“C’est peut-être parce que malgré le fait que mon travail défie les idées reçues, il n’est pas particulièrement agressif ou offensif pour qui que ce soit. Après tout, les images de femmes en niqab ou en burka sont déjà assez imprégnées de négativité, donc être agressif n’aurait plus le même impact sur le public."

Dans un autre de ses projets, Hanna Habibi a travaillé avec le photographe Zarek Rahman sur des photos inspirées cette fois-ci du Préraphaélisme (un mouvement artistique né au Royaume-Uni en 1848 qui réunit les prédécesseurs de l’artiste Raphaël), avec toujours une réinterprétation islamique.

Hannah nous confie d’ailleurs un petit secret: c’est elle sur les photos, cachée sous la burqa.

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Photo: Hannah Habibi / Zarek Rahman

"Bridesmaid"

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Photo- Hannah Habibi / Zarek Rahman

"Proserpine"

"Nous espérions attirer l’attention sur le concept réductif de l’idéal féminin. Notre choix de recouvrir les visages avec des burqas oblige, en tout cas on l’espère, le public à se concentrer plutôt sur les représentations conventionnelles de la féminité."

Pour l’instant, Hannah Habibi n’a exposé son travail qu’au Royaume-Uni, mais des médias arabes ont exprimé leur intérêt pour ses œuvres, et elle a été invitée à participer au prochain Festival d’arts islamiques à Sharjah (aux Emirats Arabes Unis).

En plus d’un projet en cours sur "les femmes portant le hijab, ‘icônes religieuses’", elle travaille aussi sur "l’Exoticisme (ndlr, un mouvement qui décrit le goût exotique de l’Europe pour l’art "oriental" en musique, peinture, décoration intérieur, etc.) et le voyeurisme", et aimerait se mettre à "peindre des hommes"… Tout un programme!

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