MAGHREB
04/11/2013 04h:43 CET | Actualisé 04/11/2013 05h:13 CET

Tunisie: L'opposition accuse Ennahdha de bloquer les négociations

Facebook/L'appel de la Tunisie

L'opposition tunisienne a accusé la troïka au pouvoir, et en particulier Ennahdha, de bloquer les négociations sur le futur chef de gouvernement, dont le nom aurait dû être annoncé samedi.

Les partis politiques ne sont toujours pas parvenus à départager deux candidats: Mohamed Ennaceur, 79 ans, soutenu par l'opposition, et Ahmed Mestiri, 88 ans, appuyé par Ennahdha et ses alliés. Les discussions ont donc été prolongées de 36 heures dans l'espoir de trouver un accord, et la date limite pour l'annonce du nom du nouveau Premier ministre a été fixée à lundi midi avant d'être de nouveau reportée.

LIRE:Tunisie: les négociations sur le futur chef du gouvernement repoussées à lundi après-midi

"Il y a chez la troïka une tentative claire d'entraver, de bloquer la prise de décision (de nommer un chef de gouvernement). Ce n'est pas une question de nom, c'est un problème de mentalité chez la troïka. Ils ne veulent toujours pas lâcher le pouvoir", a affirmé Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, à Mosaïque FM.

"Ce qui les inquiète le plus, ce sont les nominations. Les nominations qui se poursuivent encore aujourd'hui et peut-être (se poursuivront) dans les jours à venir. Ils ont besoin de garanties pour continuer à gouverner même" en n'étant pas officiellement au pouvoir, a-t-il accusé.

"Imposer son candidat"

Le Front populaire avait auparavant accusé la troïka dans un communiqué, à l'issue d'une réunion dimanche après-midi, de "tenter d'imposer son candidat sans prendre en considération l'avis des autres parties prenantes au dialogue", affirmant qu'il n'accepterait aucune nouvelle prolongation des concertations.

Le président de Nida Tounes Béji Caïd Essebsi a lui aussi imputé les blocages dans le dialogue national à l'attachement d'Ennahdha à son candidat à la présidence du gouvernement, selon l'agence TAP.

"Le consensus ne signifie pas d'imposer unilatéralement son avis", a-t-il affirmé, déplorant la tendance "observée chez certains participants au dialogue".

Ennahdha "a dit: "vous prenez le mien (de candidat, ndlr), ou bien il n'y aura pas" d'accord, a dit M. Caid Essebsi à des journalistes.

Le président d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, a à plusieurs reprises assuré que son parti cherchait le consensus, affirmant que "l'intérêt de la Tunisie réside dans le fait que ses hommes politiques parviennent à un consensus".