MAGHREB
21/10/2013 14h:51 CET | Actualisé 21/10/2013 16h:51 CET

Tunisie: Les députés en retrait posent leurs conditions pour un retour à l'Assemblée

Nacer Talel pour HuffPost Maghreb

Les élus en retrait de l'Assemblée nationale constituante se réunissent cet après-midi avec le quartet parrainant le dialogue national afin d'examiner les modalités de leur retour à l'Assemblée.

Que dit la feuille de route?

Après le démarrage du dialogue national annoncé pour le 23 octobre 2013, la feuille de route paraphée par une majorité des partis politiques représentés à l'Assemblée constituante prévoit la reprise du processus constitutionnel au sein de l'ANC. En l'espace de quatre semaines, les députés devront en effet élire les membres de l'Instance supérieure pour les élections, adopter la Constitution et la loi électorale et amender l'Organisation provisoire des pouvoirs publics.

Parallèlement, le chef du gouvernement doit annoncer son intention de démissionner dans un délai ne dépassant pas trois semaines, pour laisser la place à un gouvernement indépendant sur lequel un accord aura été préalablement établi.

Pas de retour à l'ANC sans l'annonce de la démission du gouvernement

Lors de cette réunion avec le quartet, les députés en retrait doivent réaffirmer leur disposition à reprendre les travaux de l'ANC, à condition qu'Ali Larayedh annonce verbalement son intention de démissionner selon les modalités inscrites dans la feuille de route.

"Aucun retour à l'Assemblée ne sera envisagé sans cela", a affirmé Noomane Fehri, élu Afek Tounes, au HuffPost Maghreb.

"Nous sommes confiants et pensons qu'Ali Larayedh annoncera son intention de démissionner, les informations qui nous sont parvenues vont dans ce sens", a précisé Mahmoud Baroudi, élu de l'Alliance démocratique.

Tout en saluant l'effort du quartet de médiation pour parvenir au lancement du dialogue national, Selma Mabrouk se montre moins positive. Selon la députée Al Massar, les dernières déclarations de Ali Larayedh n'étaient pas concluantes et non conformes aux dispositions de la feuille de route.

"Le chef du gouvernement veut lier les deux processus, constitutionnel et gouvernemental, et conditionne sa démission à la réalisation du premier. S'il est prévu que les deux processus évoluent parallèlement, ils sont pour autant distincts l'un de l'autre", soutient-elle dans une déclaration au HuffPost Maghreb.

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Manifester ou ne pas manifester le 23 octobre?

Interrogé par l'agence TAP, Abdelaziz Kotti a affirmé l'attachement du Front du salut national à la mobilisation populaire le 23 octobre sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis pour réclamer le départ du gouvernement.

"Cet appel à la mobilisation n'est pas contraire à notre engagement à faire réussir le dialogue national, car il faut rappeler que cela fait deux ans que l'Assemblée constituante a été élue et qu'elle est donc illégitime depuis un an", affirme Selma Mabrouk. La députée ajoute que ce jour coïncidera également avec le rassemblement hebdomadaire réclamant la vérité sur les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, estimant que cette période de recrudescence de violence et de terrorisme appelle à la mobilisation populaire.

Pour autant, l'Alliance démocratique préfère ne pas participer à ce rassemblement: "Nous sommes pour la liberté de manifester car c'est l'un des acquis de la révolution, mais nous ne voyons pas pour quelle raison nous irions manifester le jour du démarrage du dialogue national", déclare Mahmoud Baroudi. "Par contre, si Ali Larayedh ne respecte pas les engagements contenus dans la feuille de route, à ce moment-là nous rejoindrons le camp des manifestants", précise-t-il.

Les signataires de l'initiative du quartet de médiation ont conclu un accord pour le démarrage effectif du dialogue national mercredi 23 octobre. La poursuite du dialogue dépendra donc, dans un premier temps, de l'annonce d'Ali Larayedh lors de la séance inaugurale de son intention de démissionner.

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