MAGHREB
21/10/2013 08h:45 CET

Tunisie: Démission du gouvernement trois semaines après le lancement du dialogue? Ali Larayedh pose ses conditions

Ali Larayedh, chef du gouvernement tunisien
Facebook/Ali Larayedh
Ali Larayedh, chef du gouvernement tunisien

"Le gouvernement est prêt à renoncer au pouvoir dans un délai de trois semaines à partir du début du dialogue. Je suis même prêt à renoncer à mon poste avant ces trois semaines", aurait déclaré Ali Larayedh dans une interview accordée à l'agence Reuters.

Cette position surprenante, car différente de celle énoncée ces dernières semaines par le chef du gouvernement, a rapidement été rectifiée par la cellule de communication de la présidence du gouvernement.

Démission conditionnelle

Dans un communiqué publié dans la soirée du dimanche 20 octobre 2013, la cellule assure en effet que les propos d'Ali Larayedh ont été tronqués. Le communiqué rapporte ainsi ce qu'aurait dit textuellement le chef du gouvernement:

"Le gouvernement est prêt à démissionner trois semaines après le début du dialogue à condition qu'il y ait une feuille de route claire et qu'un certain nombre de tâches soient réalisées à l'issue de ces trois semaines. En tant que chef du gouvernement, je me suis engagé à travailler à la réussite du dialogue et à m'y conformer dans le cadre d'un accord sur un nouveau gouvernement, mais aussi à la lumière du processus constitutionnel et de la mise en place de l'Instance électorale. De même, cela doit s'opérer dans le cadre de la légitimité du pouvoir législatif qui n'est représenté que par l'Assemblée nationale constituante. En ce sens, je suis prêt à quitter le gouvernement avant que les trois semaines ne soient écoulées".

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"Ennahdha veut des garanties"

Intervenant sur les ondes de Shems Fm ce lundi, le journaliste et analyste politique Slaheddine Jourchi a estimé que les tergiversations du mouvement Ennahdha étaient dues au fait que ce dernier cherchait à avoir des garanties avant de quitter le pouvoir. Selon lui, Ennahdha chercherait dans un premier temps à revendiquer la réussite du processus constitutionnel. Les islamistes, a assuré M. Jourchi, craindraient la reproduction du scénario égyptien dans le cas où ils consentiraient à quitter le pouvoir et chercheraient à éviter l'ouverture de certains dossiers.

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