MAGHREB
18/10/2013 04h:24 CET | Actualisé 19/10/2013 09h:15 CET

Tunisie: plusieurs "terroristes" tués dans une opération militaire à Gbollat

Garde Ntionale Tunisie

"Plusieurs terroristes" ont été tués lors d'une opération militaire et policière d'envergure en Tunisie pour neutraliser un groupe armé accusé d'être responsable de la mort, jeudi, de deux membres de la Garde nationale, a indiqué vendredi le ministère de l'Intérieur.

"Les forces spéciales du ministère de l'Intérieur, de la Garde nationale et de l'armée participent à cette opération. Elle a

commencé avec un bombardement aérien et maintenant nous sommes dans la phase terrestre", a dit le porte-parole du ministère de l'Intérieur à l'AFP, Mohamed Ali Laroui.

"Plusieurs terroristes ont été tués, mais on ne peut pas dire combien car l'opération est toujours en cours", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a pour sa part indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi à la radio Mosaïque FM que le groupe armé était composé de 20 à 25 combattants.

M. Ben Jeddou a accusé Ansar Al Charia, que le gouvernement tunisien a classée comme organisation terroriste, d'être derrière ces violences.

"Il s'agit de la même organisation contre laquelle nous sommes en guerre depuis que nous avons interdit son troisième congrès", a-t-il affirmé.

"Nous sommes entrés dans une guerre contre le terrorisme, avec ses pertes, mais nous poursuivrons cette guerre. Il faut accepter quelques pertes (...), comme tous les pays", a-t-il ajouté. "Nous avons des informations très sérieuses sur des attentats, des assassinats", a-t-il poursuivi sans plus de détails.

Jeudi, deux membres de la Garde nationale, le lieutenant Mahmoud Ferchichi et le sergent Karim Hamdi, avaient été tués et un troisième blessé par des tirs dans le district de Gbollat de la région de Béja. Ils ont été pris pour cible alors qu'ils allaient vérifier une information faisant état de la présence d'un groupe armé dans une maison de la région.

"Nous étions allés nous assurer d'une information sur une maison dont on avait dit qu'elle était habitée par un groupe salafiste. Tout à coup, les balles ont sifflé. Nous avons échangé (des tirs), ils étaient plus nombreux", a dit le gendarme blessé à Mosaïque FM.

Mais "même s'il ne me reste que le petit doigt. (...). Je sortirai d'ici et je retournerai travailler", a-t-il promis depuis son lit d'hôpital.

Selon une source de sécurité citée par l'agence TAP, des armes ainsi que de l'ammonitrate, un engrais pouvant servir à la fabrication d'explosifs, ont été découverts lors de la perquisition de la maison dans laquelle se trouvait le groupe.

Les autorités tunisiennes n'avaient pas fait état jusqu'à présent de la présence de combattants clandestins dans cette zone.

Elles traquent cependant depuis des mois des combattants jihadistes à la frontière algérienne, en particulier au Mont Châambi (centre-ouest), où une quinzaine de policiers et soldats ont été tués depuis fin 2012.

Malgré des bombardements aériens et une vaste opération militaire déclenchée en juillet, ces combattants n'ont pu être neutralisés et des accrochages ont encore eu lieu dans la région le 12 octobre.

Selon le ministère de l'Intérieur, le chef d'Ansar Al Charia, Abou Iyadh, ainsi que les tueurs présumés des deux opposants de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi se sont tous rendus dans ce massif montagneux.