MAGHREB
10/10/2013 15h:16 CET | Actualisé 10/10/2013 18h:52 CET

Journée mondiale contre la peine de mort: "Une justice qui tue n'en est pas une"

Flickr/Paul

"Une justice qui tue n'en est pas une", affirme l'appel signé par 42 ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de l’Europe, publié à l’occasion de la onzième Journée mondiale contre la peine de mort ce jeudi 10 octobre.

L’ONG Amnesty International a publié un nouveau document en anglais intitulé “Not Making Us Safer” mettant en avant “l'absence de preuve à l'appui des affirmations selon lesquelles la peine capitale permettrait de réduire le nombre d'infractions graves.”

“Les responsables politiques doivent arrêter d'amuser la galerie et exercer leurs responsabilités en matière de sécurité publique. Il n'existe tout simplement aucun élément convaincant prouvant que la peine de mort ait un effet dissuasif. Il vaudrait mieux réfléchir à des solutions efficaces pour lutter contre la criminalité”, a déclaré à cet effet Audrey Gaughran, Directrice du programme Thématiques mondiales au sein d'Amnesty International.

Maghreb: Un moratoire de fait

Au Maghreb, tous les pays observent un moratoire de fait, à l’exception de la Libye où la peine capitale est toujours appliquée. Les dernières exécutions remontent à 1987 en Mauritanie, 1991 en Tunisie et 1993 en Algérie et au Maroc.

Le 20 décembre 2012, la Tunisie a signé un moratoire officiel sur les exécutions des condamnés à la peine de mort, à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Son application est donc actuellement suspendue, mais pas encore supprimée.

Lire >Peine de mort en Tunisie: "Ni exécution, ni abolition"

Au Maroc, un Réseau des parlementaires contre la peine de mort au Maroc (RPCPM), rassemblant plus de 200 parlementaires, a été créé à Rabat le 26 février dernier, avec pour objectif “de faire émerger un consensus sur l'abolition”.

Europe: Biélorussie, le mauvais élève

La Biélorussie est aujourd'hui le seul pays en Europe où la peine de mort est encore appliquée. Dans une déclaration conjointe, M. Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe, et Mme Catherine Ashton, haute représentante de l'Union Européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, on affirmé leur “ferme opposition à la peine capitale” et appelé les autorités biélorusses à “examiner et explorer toutes les possibilités envisageables pour décréter un moratoire sur les exécutions, premier pas vers l'abolition.”

“Les voix qui s'élèvent en faveur de la peine de mort dans certaines couches de la société, y compris sur notre continent, prouvent qu'il est toujours nécessaire d'expliquer pourquoi la peine de mort est contraire au droit à la vie et à la dignité humaine”, soulignent les deux responsables européens.

En 2013, une cinquantaine de pays continuent à appliquer la peine capitale comme le Japon, la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et les États-Unis où deux condamnés à mort ont été exécutés mercredi 9 octobre “avec un nouveau barbiturique non homologué” par l'administration fédérale.

Blog: Abolition universelle de la peine de mort, les parlementaires ont un rôle-clef à jouer par Laurent Fabius, Khadija Rouissi et Raphaël Chenuil-Hazan