MAGHREB
07/10/2013 13h:04 CET | Actualisé 07/10/2013 13h:34 CET

Lampedusa: Un énième drame de l'immigration clandestine

Des migrants érythréens à Lampedusa, le 5 octobre 2013 après le naufrage de leur bateau.
AFP
Des migrants érythréens à Lampedusa, le 5 octobre 2013 après le naufrage de leur bateau.

Dix-sept nouveaux corps ont été repêchés ce lundi au large de l’île italienne de Lampedusa, ce qui porte le bilan du naufrage, quatre jours plus tard, à au moins 211 morts selon l’AFP. Sur les 500 migrants clandestins africains que transportait le bateau, on compte seulement 155 rescapés. Un nouveau drame de l’immigration clandestine.

Selon l’organisation United for intercultural action, plus de 17 000 migrants ont péri en 20 ans en tentant d’entrer en Europe. La politique de l’immigration en Europe est remise en cause. "La compassion ne suffit pas" , a affirmé samedi le premier ministre français Jean-Marc Ayrault, estimant que les responsables européens doivent "trouver la bonne réponse" à ces tragédies.

Il y a un an, la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, avait écrit une lettre ouverte pour alerter les européens:

"Je suis la nouvelle maire des îles de Lampedusa et Linosa. [...] J’ai déjà reçu 21 cadavres de personnes noyées qui tentaient d’atteindre Lampedusa et pour moi c’est tout simplement insupportable. [...] Je suis de plus en plus convaincue que la politique d’immigration européenne considère ce bilan de vies humaines comme un moyen de modérer le flux migratoire, quand ce n’est pas un moyen de dissuasion. Mais si le voyage en bateau est pour ces personnes la seule façon d’espérer, je crois que leur mort en mer doit être pour l’Europe un sujet de honte et de déshonneur." disait-elle.

Karim, 36 ans, a traversé la méditerranée à 7 reprises, la première fois à 14 ans. "J'étais prêt à tout quitter, même à mourir". Invité sur France Info ce lundi 7 octobre, il livre son témoignage sur le calvaire de ses traversées. En voyant les corps repêchés à Lampedusa, il a eu "les mains qui tremblent", se souvenant des ses périples. S'adressant à ceux qui comme lui voudraient tenter de partir en Europe, il affirme "La France, ce n'est pas le paradis".


Karim, migrant tunisien : "J'ai cru mourir en mer"par FranceInfo

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