MAGHREB
27/09/2013 15h:15 CET

Tourisme: Promouvoir la destination Tunisie malgré l'instabilité politique

Flickr/Romain Cloff

En déplacement en France pour le salon des professionnels du tourisme Top Resa, le ministre du Tourisme Jamel Gamra tente de relancer la destination Tunisie. Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), il admet les difficultés rencontrées par le secteur en période d’instabilité politique et tente de rassurer les touristes, notamment le marché français, en baisse considérable.

Nommé au mois de mars après la première grande crise politique qui a suivi l’assassinat de Chokri Belaïd, Jamel Gamra fait partie des ministres dits «technocrates» ou «indépendants». Il était jusque-là PDG de la Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN). Six mois après son arrivée à la tête du ministère du Tourisme, la crise politique qui secoue le pays depuis le mois de juillet ne lui facilite pas la tâche. “Il est délicat de convaincre d’investir en période d'instabilité”, avoue le ministre.

Clientèle européenne la plus importante pour la Tunisie, les Français ont du mal à revenir depuis deux années. Contrairement aux Allemands et Britanniques qui sont de retour, ou aux Russes et Scandinaves qui ont enregistré durant le premier semestre de 2013 des hausses de fréquentation respectives de 51% et 30% par rapport à l’année précédente, le marché français a, lui, baissé de 20% par rapport à 2012, et de 32% par rapport à 2010, selon le magazine Tourmag.

“Le marché français a été le marché moteur pour la Tunisie. Et il l’est toujours. Il doit reprendre rapidement son taux de croissance habituel”, déclare le ministre à RFI en relativisant: "Je pense que c’est plutôt conjoncturel et lié à la situation économique. Et d’ailleurs, les chiffres du tourisme français le confirment: les Français sont moins nombreux à partir à l’étranger".

Contrairement à leurs voisins européens, les touristes français sont très réticents envers les destinations touchées par le "Printemps arabe". "Le touriste français fait de la géopolitique et il est têtu", a affirmé René-Marc Chikli, le patron du syndicat des tour-opérateurs français, Seto, dans une déclaration rapportée par l’AFP. La dépendance au marché français coûte ainsi cher aux pays comme la Tunisie, dont la politique de communication est remise en cause.

Le tourisme tunisien peine encore à retrouver ses chiffres de 2010: moins 5% pour les recettes, moins 18% pour le nombre de nuitées et moins 12.6% pour le nombre de touristes pour les 8 premiers mois de l’année, selon les chiffres de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT). Jamel Gamra pense au web pour relancer la communication. “C’est notre devoir de promouvoir la destination tunisienne sur internet [car] cela va permettre à de nouveaux opérateurs, plus branchés sur le web, de rentrer sur le marché, notamment des TO nationaux”, a-t-il assuré à RFI.