MAGHREB
25/09/2013 14h:56 CET | Actualisé 26/09/2013 06h:05 CET

Lotfi Ben Jeddou : "Nous avons déjoué un plan terroriste visant la Tunisie"

Ministère de l'Intérieur Tunisie

Dans une interview accordée à la radio Mosaïque FM, Lotfi Ben Jeddou est revenu sur “l’échec du ministère de l’Intérieur” dans le traitement du document envoyé aux services tunisiens par des renseignements étrangers sur la possibilité d’assassinat du député Mohamed Brahmi et a évoqué un «plan terroriste» visant la Tunisie que l’institution sécuritaire a pu faire avorter à temps.

“L’erreur” du ministère de l’Intérieur

“J’ai ordonné l’ouverture d’une enquête dès que j’ai eu connaissance de l’existence de ce document”, a déclaré Lotfi Ben Jeddou sur Mosaïque FM. “Je ne voulais pas me défendre mais ce document prouve l’innocence du ministre de l’Intérieur”, a-t-il ajouté.

Tout comme lors de son audition à l’Assemblée, M. Ben Jeddou a réaffirmé que le document reçu des renseignements étrangers a suivi “une procédure habituelle”. “C’est seulement après vérification de la crédibilité des informations que le ministre de l’Intérieur est informé. Mais dorénavant, il devra recevoir chaque notification”.

Lotfi Ben Jeddou admet “une erreur” du ministère de l’Intérieur, mais “ce n’est pas une erreur préméditée”, ajoute-t-il. C’est plutôt “un manque de considération par rapport à l’information et un manque de réactivité, la vérification a pris 11 jours”, estime-il. "Mais si j’avoue cet échec, cela ne veut pas dire que tout ne va pas au ministère de l’Intérieur", souligne M. Ben Jeddou, qui précise qu’une enquête sur la fuite de ce document a été ouverte au sein du ministère.

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"Un plan terroriste visait la Tunisie"

"En l’espace de 6 mois, nous avons effectué plus de 20.000 arrestations", déclare le ministre. "Nous avons arrêté plus de 300 terroristes". Ben Jeddou se garde de donner les détails: "Nous sommes entre deux feux, d’un côté informer les Tunisiens du danger terroriste, de l’autre garder le secret judiciaire". Et d’affirmer: "Nous avons déjoué un plan terroriste visant la Tunisie, avec des attentats, des assassinats de personnalités politiques" ainsi qu’une "division du pays en 3 émirats (Nord, Centre et Sud)". "Nous avons dû prendre des mesures dans des délais record", dit-il en expliquant que "des assauts se font quotidiennement", aussi bien dans des mosquées que dans des domiciles.

Aujourd’hui plusieurs personnalités politiques bénéficient d’une protection rapprochée, dont "58 personnalités appartenant à l’opposition, et deux d’Ennahdha, Maherzia Laâbidi et Ameur Larayedh", note le ministre.

Actuellement 28 "terroristes" seraient encore recherchés. "14 au Jebel Samama, 14 au Châambi dont Kamel Ghadhgadhi (tueur présumé de Chokri Belaïd, ndlr). Nous avons tous leurs noms", précise le ministre de l’Intérieur, en ajoutant que "la moitié des terroristes sont algériens. Ils n’appartiennent pas tous à Ansar Al Charia mais font allégeance à (Abou) Moussab Abdelwadoud alias Abdelmalek Droudkel". Ce dernier, âgé de 43 ans, dirige Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) depuis 2004.

Quant au Tunisien Abou Yadh, fondateur d’Ansar Al Charia, classée récemment par les autorités comme organisation terroriste, il se serait enfui en Libye "selon les informations recueillies".

Tout en disant ne pas s’accrocher à son poste, Lotfi Ben Jeddou a affirmé que le ministère de l’Intérieur "ne supporterait pas le vide et surtout dans la période actuelle". Il s’est dit prêt à céder la place s’il y a une personne compétente pour le remplacer.