MAGHREB
17/09/2013 15h:06 CET | Actualisé 19/09/2013 07h:32 CET

Tunisie: La grève générale des médias a été largement suivie (PHOTOS, VIDÉO)

Nacer Talel pour HuffPost Maghreb

Décrétée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) pour dénoncer les pressions du système judiciaire et du gouvernement dirigé par le mouvement Ennahdha, après la multiplication de poursuites relevant de la liberté d'expression, la grève des journalistes tunisiens a été largement suivie ce mardi 17 septembre.

"Pour le moment le taux de participation dépasse les 90% mais il n'est pas encore définitif", a déclaré à l'AFP Mongi Khadraoui, secrétaire général du SNJT en milieu d'après-midi.

Ce responsable a aussi accusé la direction de la radio publique, suspectée de connivence avec les islamistes d'Ennahdha, d'avoir tenté de casser la mobilisation.

"Il y a eu une tentative de casser la grève à la radio nationale en utilisant des collaborateurs extérieurs mais elle a échoué car les techniciens ont refusé de coopérer avec eux", selon lui.

Quelque 250 personnes, journalistes, politiques et représentants du milieu associatif, ont manifesté dans l'après-midi à Tunis devant le siège du SNJT en soutien aux grévistes.

"Liberté, liberté pour la presse tunisienne" ou encore "Le peuple veut (Le Premier ministre Ali) Larayedh devant le juge", ont-ils scandé. La grève a été décidée après qu'un journaliste, Zied El Heni, a été incarcéré vendredi puis libéré sous caution lundi pour avoir accusé un procureur d'avoir falsifié des preuves pour impliquer un cameraman dans un jet d'œuf contre un ministre.

Le discours de Nejiba Hamrouni, présidente du Syndicat National des Journalistes Tunisiens

"C'est une grève pour défendre la valeur de la liberté, la liberté de la presse et d'expression qui sont les plus importants acquis de la révolution" de janvier 2011, a dit à l'AFP M. El Heni. "Les citoyens et les ONG venus ici sentent que le fait de menacer la liberté de la presse menace leur liberté à eux", a-t-il dit.

Dans un discours prononcé à l’adresse de la foule présente, la présidente du SNJT, Nejiba Hamrouni a déclaré que la grève initiée aujourd’hui dans le secteur des médias avait été massivement suivie par les journalistes, société civile, classe politique et mêmes les citoyens, un élan de solidarité contre toute atteinte à la liberté de la presse.

Elle a par ailleurs annoncé que le syndicat restera vigilant pour préserver la liberté de la presse, la liberté d’expression et de création tout en réitérant son appel à une dépénalisation des délits de presse.