MAGHREB
13/09/2013 12h:37 CET | Actualisé 15/09/2013 07h:45 CET

Tunisie: Suite aux révélations sur l'assassinat de Brahmi, Lotfi Ben Jeddou ordonne l'ouverture d'une enquête interne

Facebook/Ministère de l'Intérieur

Le ministre tunisien de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou a ordonné vendredi une enquête interne après que Taieb Laguili, membre de l'Initiative pour la Recherche de la Vérité sur l'Assassinat de Chokri Belaid (IRVA), ait révélé qu'un service de renseignement étranger avait informé la Tunisie, 11 jours avant l'assassinat du député Mohamed Brahmi que ce dernier risquait d'être tué.

L'agence officielle TAP a indiqué que M. Ben Jeddou "a ordonné l'ouverture d'une enquête" interne au ministère, le ministre n'ayant pas été informé "d'une alerte d'un service de renseignement étranger" datée du 14 juillet mettant en garde contre l'assassinat en préparation du député Mohamed Brahmi, tué par balles le 25 du même mois.

L'enquête doit déterminer "les raisons pour lesquelles le ministre n'a pas été informé de cette alerte et pourquoi (cette alerte) n'a pas fait l'objet de vérifications", selon la même source.

Lors d'une conférence de presse, le Front Populaire avait annoncé jeudi, sans présenter ses preuves, que la police tunisienne et le Chef du gouvernement, l'islamiste Ali Larayedh, étaient informés depuis le 14 juillet du fait que M. Brahmi allait être la cible de tueurs, mais que la victime n'avait pas été informée du danger. Les députés retirés de l'Assemblée ont annoncé leur intention de porter plainte contre M. Larayedh.

Cet assassinat a déclenché une profonde crise politique, toujours en cours, l'opposition réclamant la démission sans conditions du gouvernement et la mise en place d'un gouvernement apolitique.

Le parti Ennahdha, dirigeant la Troïka au pouvoir, a indiqué accepter le principe de la démission du gouvernement, mais veut au préalable un accord sur l'adoption de la future Constitution, d'un calendrier et d'une loi électorale.