MAGHREB
27/08/2013 09h:43 CET | Actualisé 27/08/2013 12h:35 CET

Ali Larayedh: Ansar Al-Charia est officiellement classée en tant qu'organisation terroriste

Ali Larayedh a tenu une conférence de presse ce mardi 27 août 2013 pour informer de la situation sécuritaire du pays et de la situation politique.

Ansar Al-Charia classée officiellement organisation terroriste

"Ansar Al-Charia est une organisation qui n’a pas d'existence légale. Cette organisation est responsable des assassinats politiques qui ont été perpétrés contre Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, mais aussi des attaques contre des militaires au mont Châambi. Ansar Al-Charia n'est pas étrangère aux attaques contre des représentants de l'armée et des forces de l'ordre Ansar Charia et est coupable également de stockages et trafics d’armes", a clairement accusé Ali Larayedh. Selon le chef du Gouvernement, Ansar Al-Charia a des liens directs avec des organisations internationales, en particulier Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

"Nous avons décidé de classer Ansar Al-Charia comme organisation terroriste", a-t-il annoncé.

Ali Larayedh n'a pas manqué de mettre en garde tous ceux qui auraient des rapports avec cette "organisation terroriste". "A partir de la date de cette annonce, tous ceux qui appartiennent à cette organisation devront assumer leurs responsabilités juridiques d’appartenir à une organisation terroriste, tous ceux qui les protègent devront assumer leurs responsabilités, tous ceux qui les soutiennent devront assumer leurs responsabilités. Pour ceux qui feraient partie d'Ansar Charia sans savoir qu'il s'agissait d'une organisation terroriste, la justice en prendra compte et les traitera en conséquence".

Le chef du gouvernement déclare en outre que le fait de classer officiellement ce groupe comme une organisation terroriste a des conséquences sur son traitement par les institutions militaires et sécuritaires, mais aussi sur le traitement de l'information.

"Nous ne faisons pas la guerre à la religion, ni aux religieux, mais à un pan particulier d’organisations religieuses, qui sont coupables d'actes criminels. Nous ne combattons pas les opinions et les idéologies, mais les actes", précise-t-il.

Le gouvernement ne démissionnera pas avant l'achèvement des travaux de l'ANC

Considérant que la Tunisie doit faire face à trois défis: la situation sécuritaire, la situation économique et l'achèvement de la période de transition, Ali Larayedh estime que cette période ne peut être menée par un gouvernement de gestion des affaires courantes.

Ali Larayedh a par ailleurs condamné vivement la suspension de l'Assemblée constituante décidée par Mustapha Ben Jaâfar le 6 août dernier. "Cela s'apparente à une grève, c'est comme si le président de la République entrait en grève, ce n'est pas acceptable", critique Ali Larayedh.

"Au sein du gouvernement, nous ne pensons pas que la suspension de l'Assemblée ait permis d'accélérer le dialogue, au contraire, cela n'a fait que retarder les échéances, notamment dans le vote de lois".

De même, Ali Larayedh a vivement dénoncé la multiplication des sit-in et des manifestations, affirmant que ce ne sont pas des méthodes démocratiques.

"Dans les démocraties on manifeste pour demander au gouvernement de réaliser certaines revendications d'ordre social ou économique, mais en aucun cas les protestations ne doivent être politiques et demander la chute du gouvernement", soutient M. Larayedh.

Ainsi, Ali Larayedh a présenté ses propositions pour sortir de la crise politique, propositions qu'il a déroulées en quatre points:

  • La reprise des travaux de l’ANC afin d'achever la rédaction de la Constitution, la mise en place de l'ISIE et la loi électorale dans les plus brefs délais. Il demande en outre que l’ANC poursuive ses travaux avec l'ensemble de ses prérogatives.
  • La poursuite du dialogue et du rôle constructif que jouait jusque-là la présidence de la République.
  • Le maintien de l'actuel gouvernement jusqu'à l'achèvement des travaux de l'Assemblée. Lequel gouvernement, précise-t-il, n'est pas celui d'Ennahdha. "60% des ministres sont indépendants et seuls 26% des ministres sont issus d'Ennahdha", détaille Ali Larayedh.
  • La mise en place du dialogue national, à l'issue duquel il pourra être décidé un gouvernement "électoral", chargé de coordonner l'organisation des élections.