MAGHREB
20/08/2013 16h:17 CET | Actualisé 20/08/2013 16h:36 CET

Tunisie: Des députés remontés contre Mustapha Ben Jaâfar manifestent devant son bureau

Abderraouf Ayadi
Facebook/Ennahdha.anc
Abderraouf Ayadi

La réunion officieuse des élus non retirés de l'Assemblée nationale constituante (ANC) était tendue, ce mardi, alors qu'ils discutaient de l'éventualité d'une reprise des travaux suspendus le 6 août dernier par Mustapha Ben Jaâfar.

Manifestation devant l'Assemblée

Contacté par le HuffPost Maghreb, Mofdi Mseddi, chargé de la communication du président de l'Assemblée, a affirmé que plusieurs députés, parmi eux Tahar Hmila et Abderraouf Ayadi, ont manifesté bruyamment devant le bureau de Mustapha Ben Jaâfar, pour réclamer sa démission.

Toujours selon M. Mseddi, des slogans ont été scandés, demandant "la réalisation des objectifs de la révolution" et la reprise du processus démocratique. "Il faut faire sortir Mustapha Ben Jaâfar par les oreilles et le dégager comme on a dégagé Ben Ali", aurait lancé Tahar Hmila, des propos confirmés par le chargé de communication et par Karima Souid, députée en retrait d'Al Massar. "Cela montre la médiocrité de certains élus", commente la députée.

Sans certifier avoir prononcé ces paroles, Tahar Hmila affirme qu'il faudrait "dégager" Mustapha Ben Jaâfar, si ce dernier persistait à bloquer les travaux de l'Assemblée. "S'il ne veut pas travailler qu'il démissionne ou alors il faudrait voter une motion de censure contre lui. On ne peut pas bloquer l'ANC comme des employés des chemins de fer bloqueraient un train", s'insurge-t-il dans une déclaration au HuffPost Maghreb.

Motion de censure contre Ben Jaâfar?

Tahar Hmila considère en effet qu'avec cette décision, M. Ben Jaâfar apportait un soutien illégal au députés retirés. Il propose de remplacer momentanément le président par sa vice-présidente, Mehrezia Labidi et de se réunir en plénière extraordinaire pour démettre Mustapha Ben Jaâfar de ses fonctions. "Nous voulons faire respecter la loi", affirme-t-il.

En ce sens, plusieurs députés se sont indignés contre la suspension des travaux de l'ANC, allant jusqu'à menacer d'une grève de la faim.

Les députés d'Ennahdha se plient à la décision de Mustapha Ben Jaâfar

Le groupe parlementaire d'Ennahdha a refusé l'éventualité d'une motion de censure contre Mustapha Ben Jaâfar, espérant que ce dernier décidera la reprise des travaux dans les plus brefs délais. Il est à noter que si le quota des deux tiers n'est pas atteint (sept membres sur dix), le bureau ne pourra prendre la décision de planifier une séance plénière pour destituer le président de l'Assemblée. Les convocations à ces séances doivent également être autorisée par la présidence. Enfin, Mustapha Ben Jaâfar n'étant pas absent ou dans un cas de vacance temporaire, la vice-présidente ne peut, théoriquement, le suppléer.

Lire sur le HuffPost Maghreb: Suspendus au bon vouloir de Mustapha Ben Jaâfar