MAGHREB
20/08/2013 13h:47 CET | Actualisé 20/08/2013 14h:36 CET

Le Front populaire et le Front de salut maintiennent leurs exigences: Bientôt le démarrage de la campagne "Dégage"

Hamma Hammami
Flickr/Amine Gharbi
Hamma Hammami

Pour le porte-parole du Front populaire (FP), Hamma Hammami, "le mouvement Ennahdha ne veut écouter ni la voix de larges pans du peuple tunisien ni celle des forces politiques et civiles, pas même celle de certains de ses alliés au sein de la troïka favorables à la nécessaire dissolution du gouvernement actuel et à la formation d'un gouvernement de salut national".

Hammami, qui s'exprimait mardi lors d'une conférence de presse à Tunis, a dénié au pouvoir en place "la moindre volonté de changement". "Tout au plus, y aurait-il des tentatives de s'attacher au soutien de forces nouvelles et d'en neutraliser d'autres comme les organisations syndicale et patronale tout en s'accrochant au pouvoir et en s'employant à maîtriser les rouages de l'Etat au moyen des nominations partisanes", a-t-il dit.

Après avoir rappelé les revendications populaires exprimées lors des marches protestataires des 6 et 13 août, notamment l'exigence du départ du gouvernement et la dissolution de l'Assemblée constituante, le porte-parole du FP a reproché à la troïka, Ennahdha en tête, son "obstination à ne pas reconnaître son échec et à vouloir faire passer son projet islamiste tout en faisant croire à une gestion démocratique des affaires du pays".

Il a assuré que "la campagne de dénigrement" menée par le mouvement Ennahdha contre le Front populaire et le Front de salut national sera "inopérante" dans la mesure où, selon lui, "ces forces ont à cœur de trouver une solution à la crise politique dans laquelle se débat le pays et qui n'en finit pas de s'aggraver".

"La troïka au pouvoir qui se prétend légitime n'a pas tenu ses engagements et les assurances qu'elle avait données au peuple", a-t-il ajouté.

Hamma Hammami a encore affirmé que "contrairement à ce qui se dit, le Front populaire est toujours disposé au dialogue" mais "tient à un dialogue sérieux et constructif, qui admette l'existence d'une crise politique et qui puisse aboutir à une solution". Par contre, "nous ne voulons pas d'un dialogue qui ne servirait qu'à faire gagner du temps à Ennahdha pour se maintenir au pouvoir", a-t-il encore déclaré, rappelant le sort du dialogue auquel avait appelé l'UGTT aux lendemains de l'assassinat de Chokri Belaïd et qui "n'avait donné aucun résultat" selon les propres termes du porte-parole du Front populaire.

Hammami a d'autre part insisté sur le fait que le Front "ne pratique ni ne prône la violence comme en témoigne son parcours, contrairement à ses adversaires dont l'histoire prouve qu'ils avaient usé de la violence comme lors des évènements de Bab Souika et recouru au stockage des armes, eux qui protègent les ligues de protection de la révolution et qui sont aujourd'hui complices d'assassinats politiques", selon lui.

Par ailleurs, dans une déclaration rapportée par l'agence TAP, le Chef du gouvernement Ali Larayedh a prévenu ce mardi qu' "il n'y aura aucune hésitation ou recul face à ceux qui, par le terrorisme, l'anarchie ou la révolte, porteront atteinte aux institutions de l'Etat".

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Aussi bien le Front de salut que le Front populaire, a encore déclaré Hamma Hammami, "s'en tiennent à leurs exigences, à commencer par la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée constituante", lesquelles exigences ont été réaffirmées selon lui lors de la rencontre, à Paris, entre le président de Nida Tounes Béji Caïd Essebsi avec le président du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi. Hamma Hammami a précisé, à ce propos, que "Caïd Essebsi avait marqué lors de cette entrevue son attachement à la plateforme du Front de salut et à la nécessité d'aller droit vers la solution en tant que revendication populaire".

Il a en outre annoncé que le Front populaire "continuera la lutte en préservant sa cohésion intérieure et en s'en tenant au Front de salut" qui selon lui "a su imposer les missions difficiles pour que triomphe l'intérêt de la Tunisie", affirmant que la campagne "Dégage!" se poursuit à Tunis comme dans les régions et que la semaine du 24 août 2013 "sera celle de l'escalade pour obtenir la dissolution du gouvernement".

Les menaces de nouveaux assassinats politiques et "les manœuvres diaboliques" qui se trament ne dissuaderont jamais le Front de salut et le Front populaire d'aller de l'avant pour répondre aux attentes de larges pans de la société tunisienne, de la société civile et des forces politiques, en particulier pour ce qui est de mettre un terme aux problèmes politiques, sécuritaires et économiques présents, a assuré Hamma Hammami.

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