MAGHREB
05/08/2013 15h:53 CET | Actualisé 06/08/2013 05h:53 CET

Au Programme du Bardo: Manifestation à l'extérieur, plénière à l'intérieur

Nacer Talel pour le HuffPost Maghreb

La journée du mardi 6 août sera marquée par deux évènements majeurs, marquant une fois de plus la rupture politique entre deux camps qui s’opposent depuis la mort de Mohamed Brahmi, le 25 juillet 2013. Une grande manifestation est organisée, au Bardo, partant de la caserne de Bouchoucha, boulevard du 20 mars, à 21 heures, jusqu’au siège de l’Assemblée nationale constituante (ANC). Le matin même, l’Assemblée se réunit pour la première fois depuis le 25 juillet, en plénière, pour une séance de questions au gouvernement.

Un rassemblement à la mémoire de Chokri Belaïd

Un grand rassemblement est prévu ce 6 août 2013 en célébration de la mémoire de Chokri Belaid, homme politique et militant des droits humains, assassiné le 6 février 2013. A cette occasion, une “tente du martyr” sera érigée à la Place du Bardo.

Besma Khalfaoui, la veuve de Chokri Belaïd, a donné, lundi matin à Tunis, une conférence de presse au cours de laquelle elle a présenté le programme du rassemblement prévu demain mardi à la mémoire du défunt, six mois après son assassinat par balles le 6 février 2013.

basma khalfaoui

Dans une déclaration à l'agence TAP, Mme Khalfaoui a estimé que ce mouvement était déjà programmé et préparé, depuis quelques temps, par l'Initiative pour la recherche de la vérité sur l'assassinat de Chokri Belaid (IRVA), et ce pour réclamer la vérité et faire la lumière sur cet assassinat politique et ses commanditaires.

“Réclamer la vérité sur l'assassinat de Chokri Belaïd" est le slogan phare de ce mouvement, a-t-elle dit, appelant les forces de sécurité à en assurer la protection. Et d'ajouter: “il s'agit, à travers ce rassemblement, de faire davantage pression pour dévoiler la vérité sur l'assassinat (...) face à la lenteur et à l'inefficacité de l'enquête”.

Besma Khalfaoui a minimisé les informations sur les arrestations survenues et sur l'évolution de l'affaire telle que rapportée par le ministère de l'Intérieur ou de la Justice, estimant que le gouvernement est incapable de faire face au danger du terrorisme surtout après les récents évènements qu'a connu le pays. “Le gouvernement doit partir”, a-t-elle lancé.

S'agissant des mesures à prendre lors de ce rassemblement, Mme Khalfaoui a affirmé que le mouvement qui doit démarrer à 21h au boulevard du 20 mars, au Bardo, sera ponctué d'activités culturelles et de discours d'acteurs politiques et de la société civile.

Dans un communiqué publié ce lundi, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a annoncé son soutien au sit-in du départ, observé au Bardo et sa participation à la manifestation de demain.

A l’intérieur, l’Assemblée reprend ses travaux

Le même jour, l'Assemblée nationale constituante tiendra, mardi à partir de 9h30, une séance plénière de questions au gouvernement sur la situation sécuritaire dans le pays, dont une partie sera consacrée à l'éloge funèbre de l'élu de l'ANC, Mohamed Brahmi, assassiné par balles le 25 juillet dernier.

Les élus dissidents de la Constituante, dont le nombre est estimé à 60, ont exprimé aux députés siégeant à l'ANC qui les ont contacté, leur refus de reprendre leurs activités et de participer à la plénière qui se tiendra mardi prochain selon une déclaration à l'agence TAP

Karima Souid, députée Al Massar (en retrait), avait qualifié la tenue de cette plénière d'illégale, affirmant au HuffPost Maghreb que le quorum, lors de la réunion du bureau de l'Assemblée, n'avait pas été atteint, en l'absence de plusieurs membres.

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Le chef du gouvernement, Ali Larayedh, sera présent à cette séance plénière, de même que les ministres de l'Intérieur, de la Défense, de la Justice, des Affaires religieuses, des Affaires sociales, de la Santé et du Commerce, ajoute-t-on de même source.

Selon Mouldi Riahi, les contacts entrepris avec les élus qui s'étaient retirés de l'Assemblée constituante et qui continuent de réclamer sa dissolution et celle du gouvernement "n'ont réalisé aucun progrès en raison de leur position inflexible".

Ces contacts, a-t-on appris, ont été effectués par la commission spéciale formée par le bureau de l'Assemblée constituante pour tenter d'infléchir la position de la soixantaine de députés qui se sont retirés de l'ANC et d'obtenir qu'ils reviennent sous la coupole afin de négocier de la manière de reprendre les discussions au sein de l'Assemblée nationale constituante.

Les soixante élus qui se sont retirés devaient tenir, ce lundi 5 août au soir, une conférence de presse pour clarifier leur position sur la séance plénière programmée mardi et sur la crise politique en général.