MAGHREB
01/08/2013 11h:06 CET | Actualisé 01/08/2013 11h:06 CET

Tunisie: Nouvelle nuit de manifestations pro et anti régime (PHOTOS)

Nacer Talel pour le HuffPost Maghreb

Partisans et opposants du gouvernement tunisien se sont mobilisés de nouveau par milliers dans la nuit de mercredi à jeudi, des rassemblements qui se sont déroulés dans le calme une semaine après l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi à l'origine d'une crise politique.

Au Bardo, dans la banlieue de Tunis, des milliers de personnes réclamant la dissolution de l'Assemblée nationale constituante (ANC) et du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda ont une nouvelle fois manifesté devant ce parlement, une grande partie de la nuit.

Une scène, des projecteurs et plusieurs tentes ont été installées. Le côté festif du rassemblement a toutefois fait l'objet de critiques de la part de certains manifestants.

Samir Taïeb, l'un des quelque 60 députés d'opposition participant à ce mouvement a de nouveau affirmé que le mouvement continuera "jusqu'à la dissolution de la Constituante et du gouvernement".

A quelques dizaines de mètres de là, au delà du no man's land qui s'étend à présent sur l'ensemble de l'esplanade, sans possibilité de passer directement d'un camp à l'autre, les partisans du régime étaient aussi présents par milliers, quoique moins nombreux, sans que d'incidents graves n'éclatent.

Reportage de Nawaat

A Sidi Bouzid (centre), berceau de la révolution de 2011 et ville natale du député d'opposition Mohamed Brahmi assassiné par balles le 25 juillet à Tunis, des milliers de personnes ont participé à une cérémonie en sa mémoire en compagnie de ses proches, scandant des slogans anti-islamistes.

La Tunisie est plongée depuis ce meurtre, attribué à la mouvance jihadiste, dans une profonde crise politique qui a été aggravée par une attaque sanglante contre l'armée ayant fait huit morts le 29 juillet dans une zone où un groupe lié à Al Qaïda est actif, selon les autorités.

Ennahda a pour sa part assuré être favorable à un remaniement gouvernemental mais a exclu de quitter le pouvoir ou de dissoudre l'ANC au nom de la légitimité électorale, le parti islamiste étant arrivé en tête des élections d'octobre 2011.

Les travaux de l'ANC sont paralysés depuis des mois faute d'un compromis réunissant les deux-tiers des députés pour adopter la Constitution tunisienne.