MAGHREB
01/08/2013 09h:23 CET | Actualisé 01/08/2013 09h:33 CET

Crise politique et fragilité économique

Flickr/Frédéric BISSON

Depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi le 25 juillet dernier, la Tunisie vit une profonde crise politique dont elle cherche encore l’issue. Lundi, huit militaires ont été tués lors d’une embuscade au mont Châambi. La crise politique s’aggrave, l’économie en souffre.

Le 26 juillet était un vendredi noir pour la bourse tunisienne. Suite à l’assassinat du député Mohamed Brahmi la veille:

“L’indice principal de la BVMT a perdu jusqu’à 2,16% au plus bas de sa courbe avant de remonter pour limiter sa baisse à 1,66% à 4 566,71 points”, note le site spécialisé tustex.com. “Le dinar tunisien proche de son plus bas niveau historique. Au lendemain de l'assassinat de Mohamed Brahmi, 1 euro vaut 2,190 DT et 1 dollar vaut 1,650 DT.”

Ce jour-là, la bourse a enregistré 45 valeurs dans le rouge contre seulement deux progressions.

A peine repris, l’attaque contre les militaires tunisiens lundi au mont Chaâmbi, a replongé la bourse ce mardi 30 juillet: recul de l’indice Tunindex de 1,19%, avec un repli de 44 valeurs. Elle finit par passer au vert mercredi.

La Bourse finit par passer au vert ce mercredi mais la Banque Centrale (BCT) livre ses inquiétudes. Dans son communiqué mensuel, publié le 31 juillet, le conseil d’administration de la BCT exprime “sa préoccupation concernant les événements récents qui ont marqué la scène nationale” et alerte sur “la gravité de leurs retombées éventuelles sur l’activité économique et les équilibres financiers internes et externes, s’ils ne sont pas circonscrits rapidement”.

“Le Conseil a également appelé à prendre les mesures urgentes nécessaires sur les plans politique, sécuritaire et économique à même de pallier, moyennant la conjugaison de tous les efforts, la situation difficile et d’aider à retrouver le rythme requis de l’activité économique pour les derniers mois de cette année.“ note le communiqué.

La Banque centrale note également l’aggravation du déficit commercial pour les 5 premiers mois de l’année (+ 5,5% par rapport à la même période en 2012), et ce en raison de l’augmentation des importations, ainsi que de la stabilisation du taux d’inflation à un niveau élevé”: 6,4%.

Depuis la révolution de 2011, l’économie tunisienne marche au ralenti. Dans une interview accordée au journal Le Monde, le 17 juillet dernier, le gouverneur de la Banque Centrale Chedly Ayari a déclaré que “Ce qui bloque l'économie tunisienne aujourd'hui, c'est le politique”.

“Je dis aux politiques : le système politique actuel est déconnecté de la réalité tunisienne. Il vit dans une espèce de bulle qui fait que chacun, à sa manière, participe au délitement général. J'insiste : ce qui bloque l'économique aujourd'hui, c'est le politique. Nous avons les moyens de relancer l'économie mais le politique est devenu un facteur de blocage. Pouvoir et opposition sont responsables de la situation.”relève-t-il.

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