MAGHREB
31/07/2013 07h:06 CET | Actualisé 31/07/2013 10h:54 CET

Tunisie: De lourdes accusations portées contre l'institution sécuritaire

Siège du ministère de l'Intérieur
Nacer Talel pour le HuffPost Maghreb
Siège du ministère de l'Intérieur

La crise politique que traverse actuellement le pays, suite à l’assassinat du député Mohammed Brahmi, a de nouveau mis à jour les graves défaillances de l’institution sécuritaire.

Une répression injustifiée

En réponse aux manifestations hostiles au gouvernement qui ont eu lieu tant sur l’avenue Habib Bourguiba le soir et le lendemain du meurtre, qu’au Bardo depuis le samedi 27 juillet, l’attitude des forces de l’ordre a été empreinte d’une violence jugée démesurée.

Mis à part le nombre de citoyens atteints par l’usage de gaz lacrymogène, qui était quelques fois directement dirigé vers les manifestants à tir tendu et non vers le ciel comme il est d’usage, et les coups de matraques distribués, trois députés, Mongi Rahoui, Mohamed Ali Nasri et Noomane Fehri, ont été violemment pris à partie par les forces de l’ordre et deux d’entre eux ont dû effectuer un court séjour à l’hôpital.

Cette attitude de la police a remis à l’ordre du jour une question qui a déjà été soulevée à maintes reprises depuis l’avènement de la Troïka, celle de l’existence d’une institution sécuritaire parallèle, défendant des intérêts partisans et non ceux de la République.

Les syndicats des forces de l'ordre accusent

Les indices soutenant l’existence d’un tel réseau au sein du ministère de l’Intérieur sont d’une part, le malaise qu’ont exprimé les divers syndicats des forces de l’ordre face aux dépassements commis par certains agents et d’autre part leur demande commune de l'ouverture d’une enquête interne visant à déterminer les responsables des répressions injustifiées lors de manifestations pacifiques.

Parmi ces syndicats on compte :

Lotfi Ben Jeddou impuissant?

Par ailleurs, Mongi Rahoui a accusé le chef du gouvernement, Ali Larayedh, de contrôler directement le ministère de l’Intérieur au détriment de son ministre de tutelle, Lotfi Ben Jeddou, et d’avoir expressément chargé le colonel Imed Ghodhbani, directeur général des brigades d’intervention, de la répression des manifestants.

Face à de telles accusations émanant de l’intérieur même de l’institution sécuritaire, de nombreuses voix, y compris au sein de la Troïka (Ettakatol), se sont élevées pour réclamer l’ouverture d’une enquête approfondie sur les évènements de ces derniers jours et de rapidement en communiquer les conclusions aux citoyens. Interviewé aujourd’hui sur les ondes de Mosaïque Fm, M. Ben Jeddou a avoué qu’une partie du ministère de l’Intérieur était infiltrée, notamment par des salafistes. Il a cependant rejeté l’existence d’une police parallèle, faute de preuves. Le ministre de l’Intérieur a enfin présenté ses excuses aux députés agressés et informé de l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsables de ces dépassements.

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