MAGHREB
30/07/2013 09h:55 CET

Aveu d'impuissance de Lotfi Ben Jeddou

Facebook/Ministère de l'Intérieur TN

Dans un entretien accordé à la radio Mosaïque FM, le ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou est revenu sur la crise que traverse la Tunisie et la situation sécuritaire. Le ministre s'est dit prêt à démissionner et a appelé à la formation d'un gouvernement d'union ou de salut national.

Excuses

Revenant sur la répression policière qui a accompagné le sit-in au Bardo, le ministre de l'Intérieur a présenté ses excuses aux deux députés agressés Mongi Rahoui et Noomene Fehri. "Nous avons ordonné l'ouverture d'une enquête concernant les dépassements", a-t-il affirmé.

Le ministre s'est également excusé auprès de "tous les manifestants" pour "l'usage excessif du gaz lacrymogène".

"Nous avons des consignes et directives claires pour ne pas faire usage de la violence, déclare-t-il, mais les forces de l'ordre commettent quelques erreurs."

Ben Jeddou estime que ces risques existent dans toutes les manifestations. "C'est une réalité amère"assure-t-il avant de poursuivre, "J'espère que les politiciens se mettront d'accord pour éviter tout cela aux forces de sécurité".

Prêt à démissionner

Avec une voix abattue, Ben Jeddou s'est dit prêt à démissionner.

"Je ne tiens pas à mon poste. Je suis tenté de prendre mes affaires et partir tout de suite. J'ai une envie pressante de démissionner".

Il ne serait pas le seul à vouloir jeter l'éponge, "des cadres du ministères de l'Intérieur veulent également démissionner" d'après ses dires. Les conséquences que cette décision pourra avoir sur le pays le font réfléchir, mais se dit "prêt à céder la place à une personne compétente dans un gouvernement de salut national" auquel il appelle.

"Cela me rassurera de céder ma place à une personnalité dans un gouvernement d'union ou de salut national. Il peut être formé en une semaine."

Assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi

Concernant les assassinats de Chokri Belaid le 6 février et Mohamed Brahmi le 25 juillet, Lotfi Ben Jeddou a affirmé que les enquêtes sont encore en cours. "Des équipes techniques, compétentes et loin de toute instrumentalisation politique, s'en occupent. Il faut leur faire confiance." Le ministre préfère "ni infirmer ni confirmer l'implication d'une main étrangère". dans la conduite de ces assassinats. "Toutes les hypothèses sont possibles". soutient-il.

Selon les sources du ministère, d'autres personnes sont menacées.

"Nous leur avons accordé une protection. Nous avons une liste de politiciens, journalistes, intellectuels, mais nous n'avons pas les moyens de protéger tout le monde.(..) mais ceux qui veulent assassiner arrivent à le faire"

Ben Jeddou déclare par ailleurs qu'ils ont des informations selon lesquelles, "un membre du gouvernement serait visé par une ceinture explosive", et que lui est "menacé par Abou Yadh", fondateur de l'organisation salafiste Ansar Chariaa, actuellement en fuite.

L'énigme Chaâmbi

Suite à la mort de 8 militaires et la décapitation de 5 d'entre eux au mont Chaâmbi, Ben Jeddou a affirmé que ce qui s'y passe est une "vaste opération (terroriste) en préparation". "Aucune arrestation n'a été effectuée au Chaâmbi explique le ministre, mais nous avons arrêté, en ville, 50 personnes qui y sont liés."