MAGHREB
29/07/2013 15h:30 CET | Actualisé 30/07/2013 07h:01 CET

Larayedh: A ceux qui parlent au nom du peuple, on peut organiser un référendum pour voir ce qu'il en pense

Ali Larayedh, le 29 juillet 2013
Nacer Talel pour HuffPost Maghreb
Ali Larayedh, le 29 juillet 2013

Le chef du gouvernement, Ali Larayedh, a tenu une conférence de presse le lundi 29 juillet 2013. Le discours de M. Larayedh s'est articulé selon trois axes: L'assassinat de Mohamed Brahmi et le terrorisme, la condamnation de ceux qui tentent de tirer profit de la situation et enfin les propositions du gouvernement qui, a-t-il affirmé, poursuivra son travail.

L'assassinat de Mohamed Brahmi sur fond de terrorisme

Le chef du gouvernement a évoqué l'assassinat du "martyr" Mohamed Brahmi, en le contextualisant dans la problématique du terrorisme dans son ensemble.

Il a commencé par énumérer les principaux actes de terrorismes survenus en Tunisie, commençant par ceux datent de l'ancien régime. Il a pris notamment pour exemple l'affaire de Soliman, en 2007.

M. Larayedh a par la suite affirmé que ces cas de violence terroriste existent partout dans le monde, notamment en Europe, où des groupuscules poursuivent leurs faits d'arme. Il a soutenu que la lutte contre le terrorisme était un phénomène mondial et continu.

Toujours dans une optique de contextualisation, Ali Larayedh a expliqué la recrudescence des violences par le fait que la Tunisie vivait un séisme depuis la révolution et que cela expliquait l'instabilité et l'insécurité constatées. Il a en outre déclaré que la liberté acquise depuis la chute de l'ancien régime facilitait les actes de terrorisme, les criminels profitant de cette liberté pour agir.

Il a par ailleurs déploré le fait que les forces de l'ordre et l'armée ne pouvaient pas se consacrer exclusivement à la lutte contre le terrorisme et la sécurisation du pays, à cause d'autres mouvements et atteintes à la sécurité qui surviennent régulièrement. Le chef du gouvernement en a profité pour saluer les efforts conséquents des agents de sécurité et l'importance du travail auquel ils s'attelaient pour améliorer la situation sécuritaire et contrer le trafic d'armes en Tunisie.

Ce travail a, selon lui, permis de démasquer l'assassin de Mohamed Brahmi, en moins de 24 heures.

"Certains tentent de profiter de la situation pour s'accaparer le pouvoir"

"Certains ont appellé à la désobéissance avant de présenter leurs condoléances", accuse Ali Larayedh dans son deuxième point. Il a déploré et vivement condamné les parties qui tentent de tirer profit de la situation pour s'accaparer le pouvoir.

"Je veux saluer le peuple qui a fait échouer les égoïstes, les aventuriers et les partisans en ne répondant pas à leurs appels. Je salue ce peuple qui ne suit pas les anarchistes", assène le chef du gouvernement, évoquant les appels à la chute du gouvernement et à la dissolution de l'Assemblée nationale constituante.

"Il n'y a rien de moins démocratique, de moins respectueux de la souveraineté du peuple et de la légitimité des urnes que ces appels au chaos", poursuit-il, déplorant le fait que le peuple ne puisse pas vivre sereinement ce mois de Ramadan et que les commerçants ne puissent pas travailler. Ces appels mettent également en péril la saison touristique, selon lui.

"Le gouvernement va poursuivre son travail"

Dans la troisième partie de son discours, Ali Larayedh a assuré que le gouvernement allait poursuivre son travail, malgré tout ces appels. Il a déroulé les propositions pour l'avenir politique du pays en plusieurs points:

  • Redoubler d'efforts pour sécuriser le pays,
  • S'atteler aux problématiques socioéconomiques,
  • Achever la rédaction et l'adoption de la Constitution au plus tard à la fin du mois d'août 2013,
  • Achever le chantier électoral (ISIE, loi électorale, etc.), pour le 23 octobre 2013,
  • Fixer la date des élections au 17 décembre 2013 (trois ans après le déclenchement de la révolution),
  • Écarter les sujets polémiques, pouvant prendre du temps, des débats de l'Assemblée,
  • Appliquer la loi pour tous, particulièrement pour les organisations qui appellent à la violence (dont les Ligues de protection de la révolution)

Ali Larayedh a ensuite appelé toutes les parties de la scène politique a faire des propositions pour la poursuite de cette phase transitoire. Il a dit ne rejeter aucune proposition, y compris celle de la démission du gouvernement, à partir du moment où ces propositions obéissent à "deux critères": L'efficacité et la rapidité.

Ali Larayedh a vivement attaqué les dizaines ou centaines parlent au nom du peuple. "Chacun parle au nom du peuple, mais si vous voulez savoir ce qu'il veut vraiment, on peut tout aussi bien organiser un référendum", propose-t-il sur un ton ferme, en tapant du poing sur la table.

"Ce n'est pas une menace mais tout le monde ne peut pas parler au nom du peuple", conclut Larayedh.