MAGHREB
26/07/2013 08h:54 CET | Actualisé 28/07/2013 09h:47 CET

Des dizaines de députés se retirent de l'ANC et appellent à un sit-in ouvert jusqu'à sa dissolution

Réunion des députés de l'opposition dans la nuit du 25 au 26 juillet 2013, après l'assassinat de Mohamed Hamdi
Facebook/Fadhel Moussa
Réunion des députés de l'opposition dans la nuit du 25 au 26 juillet 2013, après l'assassinat de Mohamed Hamdi

42 députés ont décidé de geler leur participation à l'ANC et d'entrer dans un sit-in ouvert jusqu'à la dissolution de l'Assemblée et la chute du gouvernement. La liste s'est allongée depuis et compte plus d'une cinquantaine d'élus. En effet, après avoir montré quelques réticences, l'Alliance démocratique finira, également, par retirer ses députés de l'ANC. De même, Naceur Brahmi, ex Wafa, a décidé de se joindre au mouvement.

Les appels à la démission se sont multipliés dans les heures qui ont suivi l'assassinat de Mohamed Brahmi. Les principaux partis de l'opposition se sont réunis le soir même et le lendemain, pour décider d'une position commune.

Quelques démissions

Avant ce mouvement collectif de retraits, quelques démissions avaient été annoncées. Iyed Dahmani, élu du parti Al Joumhouri à l'Assemblée nationale constituante, a été le premier à annoncer sa démission de l'Assemblée nationale constituante, alors qu'il se trouvait à l'hôpital de l'Ariana, le jour de l'assassinat de Mohamed Brahmi.

Cette démission a été suivie de celle de Hattab Barakati, élu du Front populaire, annoncée sur les ondes de Mosaïque Fm. Hattab Barakati a affirmé que les autres élus du Front populaire allaient également annoncer leur démission ultérieurement. Il a déclaré, en outre, que des députés de l'opposition allaient prendre une décision en ce sens.

Plus tard dans la soirée du 25 juillet, c'est au tour de la députée Nida Tounes (ex Aridha), Rabiâa Nejlaoui, d'annoncer son intention de démissionner. Une démission qui a été confirmée au HuffPost Maghreb par Khemaïs Ksila, également élu Nida Tounes. "Les autres élus de Nida Tounes, prendront leur décision en commun accord avec les autres blocs parlementaires de l'opposition", précise M. Ksila.

Enfin, Mourad Amdouni, élu comme Mohamed Brahmi sur les listes du Mouvement du Peuple, a fait part de sa décision de quitter ses fonctions à l'ANC, affirmant que la question de la démission avait déjà été posée au sein du Courant populaire, parti qu'il avait récemment fondé avec M. Brahmi.

Si la grande majorité des partis de l'opposition ont appelé à la dissolution de l'Assemblée nationale constituante, en plus de la chute du gouvernement d'Ali Larayedh, la question d'une démission collective des élus n'a pas encore été tranchée.

Un gel de la participation plutôt qu'une démission

Hier, tard dans la soirée, les partis de l'Union pour la Tunisie (UPT) et du Front populaire, se sont réunis à Tunis afin d'élaborer une feuille de route et d'annoncer une position commune.

Les députés de l'opposition se sont réunis encore (vendredi) et annonceront leur position concernant leur statut à l'ANC pour la période qui reste et la stratégie à suivre pour la troisième phase de la transition démocratique, écrit Fadhel Moussa, élu Al Massar, sur sa page Facebook.

Les avis des députés étaient divisés quant à la position la plus adéquate et la plus efficace. Pour certains, la démission collective s'impose, alors que d'autres privilégient le gel de la participation.

Le problème qui se posait, explique Karima Souid au HuffPost Maghreb, est celui du remplacement des élus démissionnaires, particulièrement ceux qui ont été élus sur les listes de partis appartenant à la Troïka majoritaire. Pour le cas de Karima Souid, par exemple, le suivant sur sa liste électorale n'est autre que Wahbi Jomâa, président du Conseil national d'Ettakatol.

Deux scénarios

  • Démissionner collectivement ou individuellement, quitte à ce que les remplacements profitent à la Troïka, afin de ne plus cautionner le travail d'une Assemblée constituante qu'ils appellent à dissoudre.
  • Geler sa participation à l'ANC, pour pouvoir bloquer toute prise de décision, notamment pour la Constitution et éviter que les éventuels remplacements ne viennent grandir les rangs de la majorité.

L'Alliance démocratique n'appelle pas à la dissolution de l'ANC

D'autres élus de l'opposition, notamment ceux de l'Alliance démocratique, emmenés par Mohamed Hamdi, montrent une certaine réticence à demander la dissolution de l'ANC, affirme Rim Mahjoub (élue du bloc démocratique, ayant récemment démissionné du parti Al Joumhouri), contactée par le HuffPost Maghreb.

Selon la députée, l'hypothèse d'un ultimatum, prenant fin le 23 octobre 2013, n'est pas à écarter. Les éventuelles démissions ou la dissolution de l'Assemblée interviendraient alors à la fin de cet ultimatum, si les demandes concernant la Constitution et les élections, ne sont pas réalisées. L'Alliance démocratique a pris une décision en ce sens, dans un communiqué rendu public ce vendredi: "Nous appelons à la fin des travaux de l'Assemblée constituante, dans un délai ne dépassant pas le 23 octobre 2013".

Au lendemain de l'assassinat de Mohamed Brahmi, les députés de l'opposition restent divisés quant au devenir de l'ANC.

Plus de 42 députés se retirent de l'ANC:

Le parti Al Moubadara de Kamel Morjane a informé, dans un communiqué publié ce vendredi, du "retrait" de tous ses élus de l'Assemblée constituante. "Il ne s'agit pas d'une démission mais d'un gel de notre participation, jusqu'à ce que nos demandes aboutissent", précise Fadhel Elouej, un des cinq députés du parti, dans une déclaration au HuffPost Maghreb.

Al Moubadara réclame la chute du gouvernement, la constitution d'un gouvernement de salut national et la dissolution de l'Assemblée nationale constituante. Un comité d'expert devrait achever la rédaction de la Constitution, estime le parti. Les députés concernés sont: Mouna Ben Nasr, Mohamed Karim Krifa, Fadhel Elouej, Amira Marzouk et Hédi Chaouch.

A l'issue de la réunion des députés de l'opposition qui s'est achevée ce vendredi vers 18 heures, un total de 42 députés ont décidé de se retirer de l'Assemblée nationale constituante, en gelant leurs activités. Les élus concernés appartiennent notamment au Joumhouri, Al Massar et Nidaa Tounes, Front populaire, Afek Tounes, etc. A noter que Nejla Bouriel, élue de l'Alliance démocratique, en fait également partie (contrairement aux élus de son parti).

Les députés en question appellent à un sit-in ouvert jusqu'à la dissolution de l'Assemblée constituante et la chute du gouvernement.