MAGHREB
14/07/2013 14h:12 CET | Actualisé 15/07/2013 11h:48 CET

Les propos de Sahbi Atig suscitent la polémique (PHOTOS, VIDÉOS)

Flickr/Ennahdha

Les propos tenus par Sahbi Atig lors de la manifestation pro-Morsi organisée par le parti Ennahdha samedi 13 juillet à Tunis, ont suscité plusieurs réactions dans les rangs de l’opposition et même de son propre parti.

Le président du groupe parlementaire d’Ennahdha à l’Assemblée Constituante a dénoncé la destitution du Président Mohamed Morsi en Egypte et a mis en garde ceux qui seraient tentés de mettre en cause “la légitimité” en Tunisie.

Debout sur une estrade, Sahbi Atig déclare au micro:

“Ce rassemblement est la preuve du triomphe de la volonté populaire. Nous disons à ceux qui pensent piétiner la volonté du peuple en Tunisie, que la légitimité les écrasera avec ses pieds. Celui qui élimine la volonté du peuple en Egypte ou en Tunisie, sera éliminé dans les rues de Tunisie.”

Le rassemblement de soutien, organisé à l’avenue Habib Bourguiba, était diffusé en direct sur la chaîne qatarie Al Jazeera Mubasher.

Dimanche 14 juillet, le député du bloc démocratique Samir Ettaieb réagit: “Ces déclarations reflètent la faiblesse politique du Mouvement Ennahdha et son côté agressif présent depuis sa création.” rapporte le site de la radio Mosaique FM.

Sur sa page Facebook, Mohsen Marzouk, membre de Nida Tounes, ironise: "Nous demandons à M. Atig de ne plus faire de discours à jeun, sous une chaleur étouffante, et devant un nombre réduit de ses partisans. Tous ces éléments réunis emportent l’esprit et engendrent la frivolité."

ندعو السيد عتيق أن لا يخطب مرة أخرى وهو صائم وتحت حرارة خانقة وأمام عدد قليل من أنصاره مخيب للآمال فكل هذه العناصر مجتمعة تأخذ العقل وتخلف الطيش

Le Parti des Travailleurs, membre de la coalition du Front populaire, a de son côté publié un communiqué dans lequel il dénonce les propos “dangereux” de Sahbi Atig, les qualifiant de “menaçants” et “incitant à la violence”.

La militante Naziha Rajiba (Om Zied), n'a pas manqué à l'appel. Sur sa page Facebook, l’ex-membre du Congrès Pour la République (CPR) déclare:

“Atig menace les Tunisiens d’une guerre civile comme celle qui a eu lieu en Algérie dans les années 1990. Il n’y a pas de mal à lui rappeler que cette guerre a fait un demi million de victimes humaines (..) et que le Front Islamique du Salut (FIS) n’y a pas gagné, il est aujourd’hui absent du pouvoir.“

De son côté, l'avocate Leila Ben Debba a fait savoir, dans une déclaration sur les ondes de Mosaique FM, qu'elle portera plainte contre Atig, elle demandera de ce fait la levée de son immunité parlementaire.

“Nous allons demander l’ouverture d’une enquête auprès du Procureur de la République après la levée de son immunité. Ces déclarations sont punissables par la loi, notamment l’article 222 du code pénal relatif aux menaces et aux violences.”affirme-t-elle.

Interrogée par le journal Assabah News sur les propos de son collègue, Maherzia Laâbidi tempère. Tout en avouant qu'elle aurait préféré que Sahbi Atig n'utilise pas ces termes, la vice présidente de l’Assemblée Constituante affirme qu' "il n’a pas appelé à la violence comme certains ont pu l’interpréter”.

Le président égyptien Mohamed Morsi, élu en juin 2012, a été destitué par l’armée le 04 juillet dernier. Une grande vague de contestation populaire initiée par le mouvement Tamarraod (Rébellion) avait été organisée, pour demander sa démission. En Tunisie, des jeunes essayent de lancer ce mouvement depuis quelques semaines. Parmi leurs revendications: la dissolution de l'assemblée constituante et l'annulation du projet de la Constitution.