MAGHREB
04/07/2013 12h:00 CET

A l'Assemblée constituante, des élus comparent l'Égypte à la Tunisie (VIDÉOS)

Une pancarte qui dit "le peuple veut une Constitution démocratique"
Twitter/Amine Ghrabi
Une pancarte qui dit "le peuple veut une Constitution démocratique"

Lors de la troisième journée consacrée au débat sur le projet de Constitution et au lendemain de la destitution du président égyptien Mohamed Morsi, par l'armée, plusieurs députés ont comparé la situation en Egypte avec celle de la Tunisie.

Mohamed-Ali Nasri, élu sur les listes du CPR et à présent membre du mouvement Nida Tounes, a mis en garde contre les dangers de la Constitution dans sa version actuelle. Il a fait le parallèle entre les évènements en Egypte et la situation tunisienne, affirmant qu'il y avait de nombreuses similitudes entre les deux pays.

"Cette Constitution est vouée à l'échec et son destin sera semblable à d'autres. Regardez ce qui s'est passé en Egypte la veille. Je salue, à l'occasion, le peuple égyptien".

L'élu du Mouvement du Peuple, Mohamed Brahmi, a également lié les destins des deux pays. Il a mis en garde contre la notion de légitimité électorale, celle-ci ne justifiant pas toutes les décisions prises par le vainqueur.

"Vous savez tous que les élections ne vous autorisent pas à faire ce que vous voulez de cette Constitution. Ce qui se passe en Egypte en est le meilleur exemple (...). Et comme l'Egypte a suivi l'exemple de la Tunisie, après la révolution, à présent ce sera la Tunisie qui suivra l'exemple de l'Egypte".

Tous les députés n'étaient cependant pas de cet avis, particulièrement les élus d'Ennahdha. Dans son intervention, Badredine Abdelkafi, a rejeté toute tentative de décrédibiliser le processus constitutionnel.

Le débat général sur le projet de Constitution tunisienne se poursuit, ce jeudi 4 juillet 2013. Les interventions des députés, pour la séance matinale, ont concerné notamment la constitutionnalistation d'un Haut conseil islamique, alors que d'autres estimaient que l'aspect social et économique avait été oublié dans ce projet. Les droits des femmes et de la famille ont de même été relevés.

Enfin, les conditions d'éligibilité du président de la République font l'objet d'un clivage, entre ceux qui voudraient simplifier les conditions nécessaires pour se porter candidat à la présidence de la République et ceux qui voudraient les élargir aux présidents du gouvernement et de l'Assemblée.