MAGHREB
01/07/2013 14h:44 CET | Actualisé 01/07/2013 15h:11 CET

Tunisie: Interview d'Ali Larayedh sur France 24

Ali Larayedh, actuel chef du gouvernement tunisien et ancien ministre de l'Intérieur
Arbimaestro
Ali Larayedh, actuel chef du gouvernement tunisien et ancien ministre de l'Intérieur

Ali Larayedh, chef du Gouvernement tunisien, a accordé une interview à notre confrère Taoufik Mjaied, sur France 24. Il est revenu, lors de cet entretien, sur les relations entre la Tunisie et la France, à la veille de la visite de François Hollande. Il a également donné son point de vue sur le procès des Femen, la date des élections, l'éventualité de dissoudre les Ligues de protection de la révolution ou encore la possibilité de ne pas jeûner pendant ramadan.

La France, les Femen et la Justice

"La France est le premier partenaire économique et garde la première place en termes de nombre d'entreprises, mais en matière de création d'emploi, elle n'est pas en première position: il y a aussi l'Allemagne, le Qatar, etc. Les relations franco-tunisiennes sont restées bonnes, mais depuis la révolution, la Tunisie est plus ouverte au monde et se tourne également vers d'autres régions", a-t-il déclaré en substance.

Au sujet du procès des militantes Femen et de leur récente libération, Ali Larayedh a affirmé que la Justice devait être indépendante et qu'il n'était pas de son ressort de s'ingérer dans les affaires juridiques, ni même de commenter ses décisions". Ali Larayedh, lors de sa visite au Parlement européen, avait pourtant fait part de son souhait de voir les militantes européennes libérées.

Des élections pour la fin de l'année

Le chef du Gouvernement a, par ailleurs, réitéré la volonté de son gouvernement d'organiser les élections avant la fin de l'année 2013. "Les choses avancent, même s'il y a des lenteurs. Nous avons fait une promesse, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour respecter ces échéances. Si l'Assemblée nationale constituante avance dans le sens du consensus et que la Constitution est adoptée en juillet, alors ce sera possible", a-t-il précisé, ajoutant qu'un retard de quelques semaines ne serait pas d'une grande gravité.

Ali Larayedh a également commenté, lors de cette interview, le départ à la retraite de Rachid Ammar, qui "restera toujours un enfant de l'armée nationale". Il a évoqué les Ligues de protection de la révolution, affirmant que la Justice était seule habilitée à trancher sur cette question. A propos des récents évènements en Egypte, M. Larayedh a écarté toute possibilité d'un scénario similaire en Tunisie car la méthodologie adoptée n'est pas la même. "Notre méthodologie est celle du consensus", ajoute-t-il.

Des caméras pour ceux qui ne jeûnent pas?

Interpellé sur le fait qu'un prédicateur voudrait placer des caméras dans la rue, pendant Ramadan, pour surveiller les personnes qui ne jeûnent pas, Ali Larayedh s'en est amusé, assurant que chacun était libre dans sa pratique du culte religieux.