MAGHREB
26/06/2013 11h:02 CET | Actualisé 26/06/2013 13h:08 CET

Motion contre Marzouki: Vices de procédure, vices de forme et incompréhensions

Première séance de l'Assemblée nationale constituante
Samir Abdelmoumen
Première séance de l'Assemblée nationale constituante

La séance plénière du jour à l'Assemblée nationale constituante était consacrée à la motion de destitution contre le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, et diffusée sur la chaîne Wataniya 1. Après plusieurs reports et des pressions opérées pour retarder le vote de la motion en plénière, plusieurs députés ont décidé de retirer leur signature, estimant ne pas vouloir participer aux manoeuvres et règlements de compte au sein de la Troïka.

Dans son intervention, Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d'Ennahdha, a affirmé qu’il y avait un vide juridique clair et que la porte était ouverte à toutes les interprétations. Le député a également pointé du doigt les vices de procédure. “Il y a une élue qui a signé deux fois. Normalement rien qu’avec cela, la motion aurait dû être annulée”.

“C’est le règne de l’arbitraire!”, s’indigne Mohamed Hamdi, président du groupe démocratique. “L’absence de respect des règles est très grave, il faut sauver les formes au moins. On refuse toutes ces manoeuvres. On est venu ici pour se prononcer sur la proposition de destitution de Marzouki et il est inacceptable de l’annuler!”.

D’autres députés ont regretté l’absence de Moncef Marzouki, contre lequel cette motion a été déposée, affirmant qu’il s’agissait d’un manque de respect flagrant pour la plus haute institution du pays, l’Assemblée nationale constituante. Ils se sont insurgés contre les propos du président de la République, tournant en dérision cette motion de destitution.

Après plusieurs suspensions de séance, les élus ont finalement procédé au vote pour se prononcer sur le retrait des signatures:

9 élus ont voté pour le maintien, 5 se sont abstenus et 99 ont voté contre le maintien de la motion.

Incompréhensions

La motion a donc été rejetée par une majorité des présents et non à la majorité absolue. Ni les élus, ni les observateurs présents sur place, ne comprennent le résultat du vote.

La séance a finalement été levée sans que les députés n’aient eu l’occasion d’intervenir et dans l’incompréhension la plus totale. A noter que la diffusion de la séance a été interrompue à 13 heures, sur le satellite, pour n'être transmise que sur le canal hertzien de la deuxième chaîne nationale Wataniya 2.