Huffpost Tunisie mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Youssef Farhat  Headshot

La fiscalité, levier politique et social majeur

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Pour les pouvoirs publics, dans les circonstances économiques que traverse notre pays, la réforme fiscale via la loi de finance est un levier important ayant des répercussions sur quasiment tous les aspects de la vie des citoyens et de tous les acteurs économiques du pays.

Investissement, emploi, épargne, accès au crédit, au logement etc. sont impactés par chaque changement de la loi de finance. Cette année plus que les autres, à entendre le chef du gouvernement, l'enjeu est d'élargir la base des imposables, d'améliorer le recouvrement, d'alléger autant que faire se peut le poids des taxes pour les acteurs "réguliers" qu'ils soient personnes physiques ou morales, ne pas grever la consommation et relancer l'investissement, honorer les engagements de l'État bien sur et si possible augmenter la perception de justice ainsi que la confiance chez tous les acteurs économiques... Le tout simultanément.

Une solution qui me semble adaptée à la résolution de cette équation, bien que très improbable politiquement (pour diverses raisons à développer dans un autre papier) consisterait à taxer à deux chiffres tout ce qui existe en foncier agricole, industriel, commercial ou habitation (qu'il soit bâti ou non bâti) vide, non utilisé. Non utilisé signifie vacant, n'ayant aucun usage d'habitation (hors maisons secondaires), commercial ou industriel. Non utilisé par les propriétaires quels qu'ils soient, ou par d'éventuels locataires.

Il est vrai que par cette mesure vous "sacrifiez" quelques milliers de possédants "réguliers" s'acquittant de leur devoir fiscal et qui investissent dans la pierre vu que cela rapporte plus que l'épargne. Mais vous toucherez surtout des milliers de possédants fraudeurs, qui ont financé leurs acquisitions par la fraude fiscale, avec les conséquences directes de distorsion du marché par l'injection massive d'argent mal acquis qui représente un investissement à perte.

Nous les voyons dans l'agricole, achetant à n'importe quel prix des terrains absolument impossible à rentabiliser par l'activité agricole pure, et attendant ou provoquant par la corruption le changement de vocation des terrains pour réaliser, légalement cette fois, des plus-values à trois chiffres et parfois plus.

Faire chuter le prix de la location et de la vente de tout ces biens en les rendant impropres au refuge soulagera les primo locataires, primo acheteurs, primo investisseurs tout en pénalisant la rente au profit du travail, en général, en augmentant mécaniquement la rentabilité.

Pensez à tous les business plan qui deviendraient bancables du simple fait que le poste achat du terrain ou du local, ou la location de bureaux ou d'ateliers, serait divisée par deux, voire plus.

Pour les banques aussi il peut y avoir un impact car la "valeur" des projets sera alors liée aux porteurs d'idées plutôt qu'aux nantis en "garanties réelles".

Sans revenir sur la propriété privée, il est très important pour la stabilité et la prospérité d'un pays que le marché du foncier nu ou bâti soit au plus bas. Si vous rajoutez un contrôle strict des flux financiers avec l'étranger alors même la contrebande n'aura plus d'intérêt car vous aurez cassé la machine à blanchir. La seule valeur sera alors le travail. Ce que vous avez dans la tête et dans les bras!

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.