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Attribution de la médaille de l'ordre du mérite national à titre posthume: Matoub Lounès et Slimane Azem ignorés

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Le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika a attribué le 24 mai dernier, des médailles de l'ordre du mérite national au rang Ahid, Djadir et Achir à 48 personnalités nationales dont 34 à titre posthume.

Parmi les personnalités nationales honorées à titre posthume on trouve des célébrités de la chanson algérienne qui ont quitté ce monde. On peut citer Dahmane El Harrachi, El Hachemi Guerrouabi, Cheb Hasni, Cherif Kheddam, Sadek El Bedjaoui, Ali Nasri dit Katchou, Hassina Laoueddj, Dahmane Benachour, Cheikh Mahieddine Mahfoudh, Mohamed Rachedi, Abdelkrim Dali et autres.

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L'absence des noms de deux piliers de la chanson kabyle en l'occurrence Slimane Azem et Matoub Lounès de cette liste publiée aujourd'hui le 10 juin au Journal officiel, laisse croire que le passé politique et militant des artistes a été pris en compte dans l'établissement des critères de sélection des lauréats de ces ordres du mérite.

Seuls les artistes kabyles peu engagés politiquement ou ceux qui ont baissé du ton envers le pouvoir ont pu bénéficier de ces médailles de l'ordre du mérite nationale.

Le dénominateur commun entre Slimane Azem et Matoub Lounès est qu'ils sont morts sans qu'ils renoncent à leurs positions farouchement hostiles au pouvoir en place. S'agissant de Slimane Azem, il est décédé au début des années 80 en France. Sa famille n'a pas pu obtenir l'autorisation de transférer sa dépouille pour l'entourer en Algérie.

Pourtant, Slimane Azem est le premier chanteur algérien à composer une chanson en faveur de la révolution algérienne en 1955. Forcé à l'exile en raison de ses chansons contestataires du régime de Ben Bella, Da Slimane comme préfère l'appeler son entourage a passé toute sa vie à chanter en faveur de la liberté, la démocratie, la paix, les chagrins de l'exil et surtout pour la reconnaissance de la langue et la culture amazighe. Ses chansons étaient interdites de diffusion sur les ondes de la chaine 2 de la radio algérienne entre 1963 et 1988.

En ce qui concerne Matoub Lounes, il était connu pour son opposition radicale au pouvoir. Un pouvoir qu'il a combattu par la guitare, les poèmes, les manifestations et autres, et ce, avant qu'on l'assassine un certain 25 juin 1998 à Tizi Ouzou. A son vivant, aucune des ses chanson n'a été diffusée par la télévision algérienne. Une exclusion qui cache une haine envers homme qui a choisi d'être libre.

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