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Samhyyi a agma ! Samhyyi !

Publication: Mis à jour:
ALI HADDAD
Facebook/ FCE
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Nous avons commis des bêtises, nous avons commis des erreurs. Mais on va les corriger. On assume. Personne ne fait pas d'erreurs ! ». C'est ainsi que le très controversé Ali Haddad, Président du FCE a présenté ses plates excuses au gouvernement SELLAL suite à l'incident protocolaire qui a fait quitter la salle au premier ministre ou Erb3tou !

En organisant ce forum africain de l'investissement, le gouvernement algérien pensait certainement contrer l'extraordinaire offensive marocaine envers les pays africains qui ne fait pas même pas l'unanimité chez nos voisins. Raté ! Un échec annoncé et une piètre image, très médiatisée, a été donnée : celle d'un premier ministre, en colère, qui quitte les lieux sans aucune explication. Thuriféraire du régime à qui il doit sa nomination, redevable auprès de ses commanditaires, Ali Haddad en a profité pour faire applaudir la salle à la gloire de Bouteflika !

Pour ceux qui suivent de près la collusion du pouvoir avec les milieux économiques, cet incident est un non évènement. Il faut rappeler que Haddad a été parachuté sous la pression de la présidence de la République pour services rendus au pouvoir. Ali Haddad qui fait rire les Algériens, est régulièrement la risée de certains médias, pour son accent et sa non maitrise des langues. Mais derrière ce patron « rigolo », se cache en fait un pion du pouvoir. Candidat unique des « patrons » à la succession de Réda Hamiani, il a été « élu » haut la main à la tête de cette institution qui, politiquement parlant, rappelle plus une UGTA des riches, qu'une vraie instance de concertation sur la stratégie économique de l'Algérie.

Une bonne partie de la presse nationale connait parfaitement les dessous de l'élection de Ali Haddad, les rapports très personnels entre des membres influents du FCE et le pouvoir politique, tous partis confondus. Relevant de la sacrée « vie privée », ces médias n'évoquent pas cet aspect caché. Même à l'époque de son règne, il était plus facile de dénicher une photo de Rab Dzair que celle de l'ex patronne du Hilton d'Alger, pourtant couronnée par un grand journal économique anglais ! Ainsi, si l'article 73 de notre constitution stipule que « Pour être éligible à la Présidence de la République, le candidat doit, (notamment) attester de la nationalité algérienne du conjoint », encore faut-il que le citoyen algérien sache si son Président est marié ou non ! Secret d'Etat !

Cette collusion entre les milieux d'affaires et le pouvoir peut se comprendre aisément. Le soutien du FCE à la dernière réélection de Bouteflika n'est pas gratuit. Il a des contre parties. Même Issaad Rabrab, réputé farouche opposant au rapprochement entre le FCE et le pouvoir, aurait néanmoins tenté en 2009 de négocier un éventuel soutien au Président en contrepartie de contrats. Marché refusé par le pouvoir en place !

Dans un contexte de crise économique induite par la chute drastique des prix du pétrole, le cercle présidentiel, ayant mis au pas une « opposition politique » de façade, qui ne se réveille qu'à la veille d'élections nationales, s'appuie désormais sur la sphère économique (FCE, Chambres consulaires....) qui lui servent de relais à sa politique forcément impopulaire de redistribution de la rente énergétique, mais aussi de « libéralisation » anarchique. Ce d'autant que les services du DRS ont été démantelés laissant la voix libre à tous les abus.

En définitive, le patronat algérien, dans le contexte actuel et face aux incertitudes du proche avenir, pourrait bien supplanter les partis politiques divisés et sans réel programme de sortie de crise. Nous avons toujours en tête cette tentative du FCE de « fédérer » le monde des affaires et le monde politique au travers la création d'un nième parti. Encore un raté ! Un raté ? Peut être juste un report !

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