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Le "Hate bark" de Sellal !

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On attendait l'intervention de Sellal. Sans trop d'illusions en fait ! Alors que retenir de cette intervention, au-delà des chiffres cités ?

- D'abord l'éternelle question de la diversification de nos exportations pour limiter notre dépendance du pétrole et du gaz. Tchek ya mama ! Cela fait des années qu'on en parle !

- Malgré les difficultés financières, la situation économique reste sous contrôle. On le savait !

- Les montants des importations continueront cependant de diminuer (61 milliards de $ en 2015 à 45,6 milliards de $ en 2017). Inévitable !

- L'Algérie veut développer une politique d'exportation (pomme de terre, fer, voitures, ciments...) et vise principalement le marché africain. In Cha Allah ya Rab. Encore faut-il que les pays visés puissent payer leurs importations.

- La politique de soutien des prix des produits de première nécessité sera maintenue Incha Allah ! Plus besoin de la grève annoncée le 2 janvier ?

- L'Etat n'a pu boucler l'année 2016 qu'en faisant appel à l'emprunt obligataire même si celui restait en deçà de ses espérances. L'Etat espère que le secteur informel participe au développement du pays. Aussi longtemps que l'Etat ne bénéficie pas de la confiance des citoyens, il ne pourra profiter des richesses accumulées par certains parfois avec sa complicité.

- Le peuple s'est un peu trop habitué à la dépendance de la rente énergétique : « Hate bark ! » (sic) oubliant le « Hak ou eskoute »

- L'Algérie a une politique de soutien des prix nettement plus importante qu'au Maroc et la Tunisie. Fallait peut être rappeler que ces deux pays ne produisent ni pétrole, ni gaz.

- Le programme de construction des logements continuera en 2017 au même rythme qu'en 2016. Et si un effort était fait pour faire des logements mieux finis et un cadre environnemental plus agréable au lieu de distribuer, dans certains cas, de vrais cités dortoirs.

- Le chômage se stabilise autour de 9,9 % et « El-hamdou Li Allah » (sic). El hamdou Li Allah ya Rab ! Haka wella ekthar !

- Certains riches n'ayant plus le temps de compter leur argent pour leurs transactions, le pèsent pour aller plus vite ! Ya Latif Eloutf !

Ya Bou galb à croire que la vie de l'algérien se limite à la consommation alimentaire et de certains services. Pas un mot sur l'enseignement, ni la culture, ni la vie politique, ni les libertés publiques, ni la justice, ni la corruption, ni la santé publique, ni les gâchis, ni la baisse vertigineuse de nos réserves de change...

Rien de tout cela. Je viens rassurer que l'Etat ne touchera pas au prix du sucre et de l'huile et que le citoyen peut dormir tranquille, puisque la situation est sous contrôle. Hada Makane !

Voilà en gros ce que j'ai retenu de cette intervention facilitée par la présence de deux journalistes dont on se demande par qui et comment ils ont été choisis.

Said El Wazir oui l'algérien s'est un peu trop habitué à la dépendance de la rente énergétique. L'algérien s'habitue et s'adapte à tout ! Le pouvoir le sait. Aussi longtemps que l'on ne touche pas à son ventre, l'algérien, presque résigné, résiste tant bien que mal. Il résiste à ce flot d'informations qui lui rappellent sans cesse notre dépendance alimentaire, le désastre de notre système éducatif du primaire au supérieur, de notre culture et notre patrimoine en déshérence, du secteur de la santé et bien d'autres domaines en léthargie.

L'algérien s'habitue et s'adapte à ces logements qui lui sont distribués mal finis, à la lente agonie de sa culture, à cette vie chère, à ces importations de gadgets qui inondent le marché, à ces injustices criardes qui ont paupérisé de larges couches de la population et qui ont vu l'émergence de ces nouveaux riches qui pèsent leur argent au lieu de le compter.

On pourra toujours rétorquer que nous avons la chance quand même de vivre dans un pays où la liberté de parole est relativement assurée. Mais quel sens donner à cette liberté d'expression pour un chômeur sans ressources, un malade chronique sans moyens de prise en charge, un cadre étouffé par sa hiérarchie ?

La pauvreté du message qu'est venu réciter le Premier Ministre est déconcertante. Mais on est habitué !

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