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Edhal ! Edhal* ! Plaidoyer pour les espaces verts !

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C'est devenu un classique aux JT de l'ENTV ! L'inauguration en fanfare de ces nouvelles cités d'habitation, partout sur le territoire national. Avec très souvent, accrochée à une des façades des immeubles, une grande photo du Président Bouteflika, debout, saluant son peuple.

Et des interviews d'hommes et de femmes qui remercient le Président pour ce bonheur tant attendu comme s'il s'agissait d'un don personnel.

Mais ce qui est frappant dans nombre de cas, c'est le manque d'espaces verts autour de ces cités, voire parfois leur inexistence.

Comment admettre que l'on puisse investir des milliards de dinars pour construire des cités dortoirs ou de "grandes universités" mais qu'on "oublie" de rajouter le petit million nécessaire à l'aménagement des espaces verts, à l'électrification extérieure ou de chemins menant à ces constructions. Et il faudra attendre les 40°C extérieurs de l'été, pour que l'Algérien découvre les bienfaits de la verdure, ne serait-ce que pour mettre à l'ombre sa voiture.

Parmi les photos que publient nos compatriotes de l'Algérie à laquelle ils sont si attachés, celles où la verdure est prépondérante ont beaucoup de succès.

A de rares exceptions, les espaces verts et les aménagements paysagers semblent ne pas faire partie des préoccupations ni des pouvoirs publics, ni même du privé. Sinon comment expliquer cette insuffisance, voire cette absence, dans des "cités dortoirs" où un F4 vous est proposé entre 1 milliard de DA chez le public et 2,5 milliards de DA chez le privé sans aucune aire de jeu ou espace vert ?

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Bien pire : la destruction de quelques espaces verts emblématiques de certaines de nos grandes villes, remplacés par du béton. Chaque fois que la croissance urbaine et le déficit foncier augmentent, on tend vers la solution de facilité : détruire les espaces verts ou rogner sur les terrains agricoles.

Des arbres sont abattus, des jardins publics détruits, et quelquefois des petites forêts saccagées au profit du béton. Si on rajoute à cela, les dégradations "par jeu" des enfants ou même des adultes des rares espaces verts existants ou en construction. On aura fait le tour de ce vrai désastre pas qu'écologique ou environnemental. Un désastre pour le mental même des citadins !

Et pourtant l'Algérie dispose d'une Loi promulguée en 2007 et relative à la gestion, à la protection et au développement des espaces verts qui indique :

-Art. 16. - Toute demande de permis de construire est refusée si le maintien des espaces verts n'est pas assuré, ou si la réalisation du projet entraîne la destruction du couvert végétal.

Art. 17. -- Tout dépôt de détritus ou déchets dans les espaces verts est interdit en dehors des lieux ou dispositifs affectés et désignés cet effet.

Art. 18. -- Sans préjudice des autres dispositions législatives en la matière, l'abattage d'arbres sans permis préalable est interdit.

Art. 39. -- Est puni d'un emprisonnement de trois (3) à six (6) mois et d'une amende de vingt mille dinars (20.000 DA) à cinquante mille dinars (50.000 DA) quiconque se rend responsable de la dégradation des espaces verts à et d'arrachage de jeunes plants.

Mais il se raconte que, chaque fois qu'il visitait un pays, Montesquieu, disait à ses gouvernants "Ne me dites pas si vous avez des lois ! Dites moi si elles sont appliquées !".

Car qui peut nier l'importance des espaces verts dans notre environnement ? Les bienfaits des parcs et jardins publics, des aires de loisirs et de sport, des sentiers de randonnées ne sont plus à démontrer pour les urbains.

Outre leur effet "socialisant", on connaît tous les avantages des espaces verts sur la santé et le bien-être des citadins. Une belle promenade ou un simple footing dans un jardin et le stress diminue.

Beaucoup de pays se servent de plus en plus des plantes comme des "climatiseurs urbains". Non seulement les espaces verts ont cette extraordinaire faculté de purifier l'air et de réduire l'érosion des sols, mais aussi permettent d'abaisser les températures des villes connues pour leurs canicules légendaires.

Et enfin les espaces verts peuvent augmenter l'attractivité d'une ville ou d'un quartier et de ce fait, contribuent plus ou moins à une activité économique.

Certains experts fixent le "besoin moyen en espaces verts" à 10 m2 par habitant. En France, ce chiffre varie entre 3 à 60 m2 par habitant mettant en évidence une forte disparité territoriale. Mais à Stockholm 95% des habitants disposeraient d'un espace vert, d'au moins 1000 m2 à moins de 300 mètres de leur lieu de résidence ! Comme pour beaucoup de secteurs, il m'a été impossible de trouver des chiffres fiables pour notre pays.


Mais comme toujours, dans ce constat peu reluisant sur ce secteur vital pour notre pays, il y a toujours des zones d'espérance. Des entrepreneurs quasi anonymes, au moins dans les grandes villes algériennes, qui se battent pour faire de l'environnement et des espaces verts non pas un besoin, mais une nécessité. L'entreprise ACEVA d'Alger en est la parfaite illustration.

(*): De L'ombre ! de l'ombre !

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