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Beethoven ... grandeur et détresse d'un génie

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"Vers cinq heures, un violent coup de tonnerre retentit. En même temps, un éclair illuminait la chambre (...). A ce phénomène si extraordinaire qui m'impressionna vivement moi-même, Beethoven ouvrit les yeux tout grands ; il souleva sa main droite... Quand sa main retomba sur le lit, ses yeux étaient à demi voilés. Ma main droite soulevait sa tête, ma main gauche s'appuyait sur sa poitrine. Aucun souffle ne sortait plus de ses lèvres, le cœur avait cessé de battre... ".C'est ainsi que le compositeur Anselm Hüttenbrenner raconta la mort de Beethoven en mars 1827, à l'âge de 57 ans. De nombreuses hypothèses ont été avancées sur les raisons de sa mort dont la plus crédible serait celle liée à la consommation d'alcool.

Lorsqu'on s'intéresse à la vie privée des grands génies, qu'ils soient scientifiques, artistiques ou littéraires, on est souvent surpris par sa banalité. C'est le cas particulièrement des célèbres compositeurs qui ont laissé des traces indélébiles de leurs œuvres pour l'humanité. Et Beethoven en fait partie.

Cet homme n'a pas eu une vie facile. Ses déboires avec les femmes, ses soucis financiers et ses interminables procès en justice contre notamment sa belle-soeur ont empoisonné son existence.

Mais c'est surtout ses problèmes de santé et tout particulièrement sa surdité qui l'ont le plus marqué. Si bien que certains estiment que cet handicap serait à l'origine de son extraordinaire créativité à la fin de ses jours.

A Vienne, de tous les lieux où est censé avoir résidé Beethoven, seuls deux maisons sont ouvertes au public.

Et c'est en visitant ces appartements que l'on mesure la modestie de la vie qui fut la sienne.

La première maison est celle de « Pasqualati » du nom du propriétaire. En fait ce n'est pas une maison mais un appartement situé au 4eme étage, en plein centre ville de Vienne, dans un immeuble bien entretenu. On y accède par un interminable escalier. Beethoven aurait vécu dans cet immeuble entre 1804 et 1815. C'est ici qu'il aurait composé les Quatrième, Cinquième, Septième et Huitième Symphonies ainsi que son célèbre « Pour Elise ». De cet appartement on a une magnifique vue sur la ville. On y trouve quelques objets personnels dont des documents, un piano, et quelques portraits de lui réalisés par les peintres de son époque. Sans plus. On est presque surpris par la pauvreté de ce petit musée qui ne traîne pas la grande foule. Ce d'autant que les rares objets exposés sont décrits exclusivement en allemand. Dabar em hainek !

La seconde est une vraie maison située à Heiligenstadt à l'extrémité nord de la ville loin du centre. Seul un bus et un tramway vous rapprochent mais il faut une dizaine de mn de marche à pied pour y accéder. Là aussi, pas grand monde. La maison se trouve dans un endroit calme, peu fréquenté et de toute beauté. Actuellement en rénovation, seules deux salles sont ouvertes au public.

C'est dans cette maison que Beethoven composa quelques morceaux célèbres dont la 2eme symphonie et aurait rédigé, en 1802, son fameux « Testament de Heiligenstadt » : une lettre destinée à ses deux frères, avec qui les rapports étaient compliqués, qui n'a jamais été envoyée et qui aurait été retrouvée dans un de ses tiroirs après sa mort.

Ce testament est exposé dans cette maison au même titre que quelques autres documents, portraits et moules du compositeur mais avec toutefois des explications en allemand mais aussi en anglais.

Dans ce testament, le génie laisse la place à l'homme affaibli et meurtri par sa surdité. On est touché par la sincérité du ton et surtout la simplicité de ses expressions. Beethoven, térassé par la surdité devenue presque totale, crie son désespoir, doute de la science et évoque son envie de suicide : « C'est l'art et seulement lui, qui m'a retenu, ah ! il me semblait impossible de quitter le monde avant d'avoir fait naître tout ce pourquoi je me sentais disposé, et c'est ainsi que j'ai mené cette vie misérable - vraiment misérable. ».


A part ces deux résidences, Beethoven est célébré à Vienne surtout par des monuments, dont certains sont quasiment inconnus des touristes. Ainsi la Beethovenplatz où est érigée une immense statue en bronze de Beethoven est peu signalée par les guides touristiques. Abandonnée dans un coin près du fameux Stadpark, elle est quasiment invisible.

En définitive, Beethoven, comme Mozart et d'autres musiciens ont laissé peu de traces de leurs objets strictement personnels. Ce sont surtout leurs œuvres musicales qui parlent pour eux et les rendent éternels.

« L'absolu exerce sur les hommes un pouvoir de fascination non seulement par le contraste avec leur existence livrée au hasard, mais aussi par le sentiment qu'il les immunise contre la fragilité humaine», CA. Morgan.

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