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Nous marchons à reculons

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PARLIAMENT MOROCCO
Youssef Boudlal / Reuters
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SOCIÉTÉ - Nous sommes une société qui vit une transition démocratique stagnante, car ces "ceux-ci" et "ceux-là", qu'on se prévaut de choisir tous les cinq ans ne facilitent pas la marche en avant.

Nous sommes une société où la politique constitue un marché porteur. Pas pour le peuple, mais pour les candidats. Car, ceux-là, la première et la seule fois que vous avez l'occasion de les voir en face de vous, c'est sur le marché. Si vous êtes chanceux, vous pourriez entendre parler d'eux, surtout de leurs moult déraisons.

La plupart du temps, ils vaquent à leurs occupations, car, étant dans un marché, ils doivent bien satisfaire la demande de leurs clients, ou plutôt la leur. Eh oui, les "khoudams" doivent bien alimenter leurs coffres-forts!

Nous sommes une société où, par moments, quelques colères, saines ou malsaines, fusent de nulle part. Pas de panique! Elles sont aussitôt maîtrisées, comme on éteint un incendie, par des forces occultes, des "tamassih" et des "afarites", comme l'aurait dit un certain politicien.

Là encore, les apparatchiks sont trop occupés pour favoriser le dialogue et la médiation sociale, les deux seuls outils susceptibles de régler une fois pour toutes les questions fondamentales des citoyens.

Nous sommes une société où la politique s'apparente au football, avec une légère différence. Pas d'attaquants ni de défenseurs, que des remplaçants. Car, paraît-il, beaucoup de parlementaires font de petites siestes, confondant l'une des chambres du Parlement avec la leur. Peut-être que Georges Clemenceau avait-il eu raison de déclarer ouvertement qu'"en politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables."

Nous sommes une société désinvolte, qui voit toutes les injustices et les oppressions être commises, mais elle ne pipe mot. Car, selon elle, le silence n'est synonyme ni de crime ni de complicité, mais de neutralité. Après tout, elle ne doit vexer aucun parti.

Nous sommes... ou plutôt, nous ne sommes plus une société, parce que la vox populi est profondément ensevelie, parce que les parlementaires oublient qu'ils sont censés être les émissaires du peuple.

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