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Le vote n'est pas un acquittement de tous les devoirs citoyens

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VOTE MOROCCO
Youssef Boudlal / Reuters
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POLITIQUE - Qui croit toujours à la politique au Maroc et à ses élus et politiciens? Qui se soucie toujours des promesses non tenues de ces derniers devenues des outils de rivalité lors des campagnes électorales? Il est patent aux yeux des jeunes - et des moins jeunes - que notre système politique est au bord du gouffre.

Ils sont fatigués des décideurs et dirigeants politiques vieillissants, sclérosés, qui protègent sans vergogne leurs intérêts personnels aux dépens du reste du pays et qui ne cessent de ressasser leurs discours tautologiques. Ils jugent que ce même système amplifie la voix des plus fortunés, qu'il est visiblement trop à l'écoute des riches, il faut le dire.

Un système politique qui intensifie la voix des personnes au pouvoir offre de larges possibilités de concevoir des lois et des réglementations qui ne protègent pas les citoyens lambdas contre les exactions de ceux-là. Ce qui explique partiellement ou totalement la dernière immolation par le feu de la mineure de Ben Guérir à cause de la libération de ses violeurs.

Il enrichit davantage les riches et appauvrit encore et encore les pauvres. C'est dire que le système politique au Maroc est malheureusement sous la coupe des intérêts d'argent. L'écart entre ce que notre système politique prévoit et est censé faire, et ce qu'il fait actuellement, est devenu trop grand et trop visible pour que nous l'ignorions ou que nous nous leurrions.

À titre d'exemple, il promettait d'améliorer le niveau de vie des citoyens, de réaliser des taux de croissance très élevés... Étrangement, il n'a ni enrayé la montée de l'inégalité ni protégé les plus faibles. Mais il a plutôt donné ce qu'il n'a pas promis: l'injustice, le favoritisme, la détérioration de nos valeurs jusqu'au stade où tout est devenu acceptable et où nul n'est responsable.

La dénonciation des vices de quelques types qu'ils soient ne suffit pas au rétablissement de notre système politique. Ce qu'il convient de faire en premier lieu, c'est tout simplement de voter. Le vote est un jeu comme les autres, plus précisément comme le jeu de dames, sauf qu'il comporte une légère nuance morale. C'est un jeu dans lequel rivalisent le juste et l'injuste.

Il se peut que je vote pour la justice, mais que celle-ci l'emporte n'est nullement garanti tant que les choix n'auront pas de sens, tant qu'ils n'y aura pas de programmes politiques réalisables et tant que le peuple demeurera subjugué par les outils destructeurs d'avenir que sont les billets bleus et les banquets.

Cette tentation participe automatiquement à l'orientation du processus politique dans le sens des besoins et intérêts personnels des élus, ou plutôt dois-je dire des corrupteurs, et renforce le pouvoir de l'argent. En revanche, je serai appelé à m'en remettre à la majorité, que cela me plaise ou non. Voter pour la justice, ce n'est rien faire pour elle en pratique. C'est simplement l'expression du désir de la voir prédominer.

Le véritable changement ne saurait être réduit à un simple jet de papier dans une quelconque urne, d'où l'importance de l'engagement. Tout un chacun devra trimer, peiner et se vouer corps et âme à l'engagement de la justice dans sa vie aussi bien personnelle que professionnelle. Que cela lui coûte une mise à pied, une exclusion d'un groupe ou bien même sa vie, peu importe puisque la cause est noble.

Etant à l'approche des élections législatives du 7 octobre 2016 et puisque le vote est une des étapes cruciales de la transition démographique, ne nous contentons-nous pas seulement de voter - blanc ou non - mais nous nous devons tous, chacun de son côté, d'assumer nos responsabilités et veiller à la défense des vertus, des principes et valeurs universelles, notamment par l'engagement qui est un devoir citoyen majeur, en vue d'un meilleur devenir pour le Maroc.

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