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4 conseils aux gens dont les proches souffrent de dépression

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DEPRESSION
Getty Images/iStockphoto
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TÉMOIGNAGE - J'ai 20 ans (presque 21!) et je suis bipolaire. Avant que vous ne me rétorquiez: "Comment tu le sais? C'est du cinéma!", j'aimerais souligner que j'ai vu de nombreux thérapeutes et médecins, et que je consulte actuellement un psychiatre. Il y a eu une période où je prenais des antidépresseurs mais je suis désormais sous stabilisateurs de l'humeur (même si je préférais les antidépresseurs). Ça fait longtemps que je vis ainsi. La première sensation de dépression, et non de simple tristesse, dont je me souvienne doit remonter à la 6e ou la 5e. J'ai donc fait face à de nombreuses réactions et attitudes liées à ma situation.

Je souhaite donc donner aux personnes qui ne savent pas ce que l'on ressent dans les phases de dépression une idée de ce qu'elles peuvent faire (ou ne pas faire) pour aider les proches qui traversent cette épreuve. Parce que c'est horrible de vivre ça seul-e. J'espère donc que ces conseils permettront aux gens de faire en sorte que leurs proches se sentent moins isolés.

1. Ça n'a rien à voir avec vous

Lorsqu'on souffre de dépression, la chose la plus frustrante (au-delà de la maladie elle-même) est certainement d'être confronté-e aux gens qui pensent qu'ils sont responsables de mon état. Si vous êtes un-e ami-e, un membre de la famille, la compagne ou le compagnon de quelqu'un qui est dépressif, n'en déduisez pas qu'il ou elle a développé cette maladie à cause de vous ou que vous ne le-la rendez pas heureux-se. Elle peut ressentir de la joie, comme n'importe quelle autre émotion.

J'aime mon copain et il me rend heureuse, mais ça ne "résout" pas ma dépression et ce n'est PAS GRAVE. Généralement, les causes de la maladie sont variées, alors ne le prenez pas personnellement si vous ne parvenez pas à la faire disparaître. Idem si votre compagne ou compagnon ne veut pas toujours faire des choses avec vous ou vous parler. Faites preuve de compréhension vis-à-vis de ce qu'il ou elle traverse au lieu de vous énerver parce qu'il ou elle n'est pas aussi présent-e ou sociable que vous l'aimeriez.

2. La dépression a plusieurs visages

Généralement, lorsque les gens s'imaginent la "dépression", ils pensent à une personne très triste, dans un état léthargique. Cet aspect de la dépression ne s'applique pas à tout le monde. "Dépression" est un terme général et j'aimerais parfois que l'on parle davantage des différentes façons dont une personne peut vivre cette maladie. J'ai par exemple mentionné ma bipolarité (ce terme est extrêmement mal compris mais je ne vais pas creuser le sujet ici).

Chez moi, ça se traduit par le fait d'être facilement irritée et de passer de la joie à la tristesse en un rien de temps. Cela peut m'arriver n'importe où et dans n'importe quelle situation. Cela signifie également que je pense à beaucoup de choses en même temps, ce qui est néfaste et peut se révéler vraiment effrayant lorsque je traverse un épisode dépressif, car beaucoup de mauvaises choses me passent par la tête rapidement. Mon expérience de la dépression comporte d'autres facettes mais je ne vais pas entrer dans les détails. D'autres s'irritent, s'énervent, deviennent autodestructeurs ou extrêmement stressés. Ils peuvent être très sociables mais pendant tout le temps qu'ils passent avec les autres, ils pensent à ce qu'ils sont en train de rater. Ne vous imaginez pas que quelqu'un n'est pas déprimé juste parce qu'il ou elle ne correspond pas à l'idée que vous vous faites de la dépression.

3. Comprenez ce qui peut être difficile pour eux

Il est difficile de faire face à une dépression. Très, très difficile. Cela complique souvent l'exécution de tâches de la vie quotidienne. Ce qui vous ne semble pas grand chose peut s'avérer vraiment difficile pour quelqu'un qui souffre de dépression. Je suis passée par une période vraiment dure où le simple fait de rester en vie était un combat de tous les instants. Je me réveillais et me disais que je ne voulais plus être ici. C'était horrible.

J'avais l'impression de me noyer, au quotidien. Parfois je ne voulais pas sortir du lit, ni manger ou parler à qui que ce soit. Je suis certaine que bien d'autres personnes sont passées par là. Dans ces moments-là, on se sent incroyablement nul-le et les gens qui nous disent qu'on est juste paresseux-se ou qu'il faut faire des efforts (pour ne pas être déprimé, j'imagine) n'aident vraiment pas. Pour certaines personnes, le simple fait d'avoir réussi à finir la journée est une réussite, même si elles ne sont pas sorties du lit.

4. Soyez présent-e comme ils l'aimeraient

Les gens ont parfois juste besoin de quelqu'un à qui parler, devant qui pleurer, quelqu'un à serrer dans leurs bras, à côté de qui s'allonger, avec qui regarder la télé ou faire des courses, ou rire. Parfois, ils n'ont même pas besoin de la présence physique d'une personne mais de sa disponibilité, afin d'avoir quelqu'un sur qui compter. J'ai une amie qui habite en Caroline du Nord (je suis en Californie) et nous ne parlons pas tous les jours mais elle est disponible quand j'ai envie ou besoin de faire un FaceTime; je peux vraiment parler de tout avec elle, ou ne pas parler du tout. Je ne crois pas qu'elle sache combien ça compte pour moi, surtout lorsque je traverse une période exceptionnellement difficile.

Voilà juste quelques exemples des nombreuses choses que vous pouvez faire pour aider quelqu'un atteint de dépression. Essayez de lui parler afin d'avoir une meilleure idée de ce qu'il ou elle traverse et de ce que vous pouvez faire pour l'aider. Certaines personnes ne souhaitent pas en parler au premier abord car ce n'est pas facile, alors soyez patient-e et respectueux-se.

Ce blog, publié à l'origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Laura Pertuy pour Fast for Word.

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