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L'entreprise marocaine deviendra-t-elle exclusivement sociale? (2e partie)

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BUSINESS AFRICA
Caiaimage/Tom Merton
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ÉCONOMIE - Il y a quelques jours, nous vous parlions de l'appel de M. Ulukaya, le président de la marque de yaourts grecs Chobani, afin que toutes les entreprises soient beaucoup plus sociales. En tournant notre regard vers le Maroc, nous nous sommes rendu compte que le concept restait encore nouveau. Autant d'éléments qui montrent que le chemin à parcourir est encore long... Mais pas infranchissable.

Un début de reconnaissance pour les entreprises sociales marocaines...

Comme nous le disions dans la première partie de notre article, la notion d'entreprise sociale fait doucement son chemin au Maroc. Déjà en 2015, un protocole d'accord a été signé dans le but de créer un label entreprise sociale et de lancer une offre d'accompagnement et de financement de cette catégorie d'entreprise. Pour le moment, le label n'a pas encore vu le jour mais cela n'a pas empêché certaines entreprises sociales d'être créées.

Nous pensons bien sûr à l'entreprise Looly's que nous avons citée dans notre dernier article, mais également à des entreprises de plus petites tailles et moins connues telles que Loumjafoods, une startup qui se propose de lutter contre le gaspillage alimentaire en mettant au point des jus de fruits et de légumes. Nous pensons également au récent coup de coeur du prix Orange de l'entrepreneur social 2017, la startup Khedmitima, qui met en relation les freelance avec de grandes entreprises, et au vainqueur du prix Orange de l'entrepreneur social 2016, la startup MedTrucks, qui déploie des solutions de soins mobiles pour lutter contre les déserts médicaux.

Nous pensons enfin à Ressourc'In, première entreprise sociale d'insertion au Maroc, qui a vu le jour en 2016 afin d'aider la réinsertion de femmes et de jeunes vulnérables grâce au recyclage des déchets.

Si la diversité de ces entreprises pointe du doigt les nombreux problèmes sociaux à résoudre dans le royaume, leur faible nombre n'en alerte pas moins sur les nombreux obstacles qu'elles doivent franchir.

... Malgré de nombreux obstacles

Lors du forum international de l'entreprise sociale au Maroc, organisé par le British Council et la Banque mondiale en 2014, de nombreux éléments ont été pointés du doigt. Ainsi, les participants à cette tribune ont notamment pu relever le manque de formation des dirigeants de ces entreprises, l'accès difficile au financement et l'absence d'un cadre juridique précis et adapté.

Des propos qui ont été confirmés par M. Roland Singer-Kingsmith, chef de projet au British Council, lors d'une interview accordée au journal Le Matin le 31 mars 2014. Ce dernier souligne en effet qu'en plus du manque d'accès au financement pour le démarrage et pour les besoins techniques, l'entreprise sociale au Maroc souffre d'un manque de sensibilisation au niveau des citoyens.

Nombreux sont ceux qui la définissent avant tout comme un business. Certes, c'est également l'une de ses fonctions, mais sans voir l'intérêt et surtout les enjeux qu'elle peut cristalliser. C'est dans ce cadre que notre troisième partie portera sur les enjeux des entreprises sociales dans le monde.

LIRE AUSSI: L'entreprise marocaine de demain sera-t-elle exclusivement sociale? (1ère partie)