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Energies renouvelables: Où en est exactement le Maroc?

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NOOR OUARZAZATE
Youssef Boudlal / Reuters
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ÉNERGIES - Avec un score total de 69 sur 100, le Maroc arrive dans la catégorie supérieure du classement en ce qui concerne l'accès à l'énergie. C'est du moins ce que révèle le rapport RISE (Regulatory Indicators for Sustainable Energy) publié par la Banque mondiale le 17 février dernier. Mais que signifient concrètement ces chiffres et que nous apprennent-ils sur la politique actuelle du royaume en matière d'énergie?

Le Maroc, un bon élève qui peut mieux faire

Le royaume totalise un score total de 69 sur 100 composé d'un score de 100 sur 100 au niveau de l'accès à l'énergie, d'un score de 42 sur 100 au niveau de l'efficacité énergétique et d'un score de 65 sur 100 au niveau des énergies renouvelables. Un score qui lui permet d'occuper la 4ème place sur le continent africain (ex-aequo avec l'Algérie et derrière l'Egypte, l'Afrique du sud et la Tunisie comme vous le verrez sur l'encadré) et à la 20ème place au niveau mondial.

classement énergies renouvelables

Si le classement en lui même est plus qu'honorable, le Maroc reste néanmoins en retrait surtout lorsque l'on connaît les investissements d'envergure réalisés par le royaume ces dernières années. La centrale solaire Noor, qui est actuellement la 7ème centrale solaire thermodynamique la plus grande du monde et la plus grande sur le continent africain, illustre à elle seule son engagement considérable et devrait justifier son classement en première place. Pourtant, certains éléments posent problème.

L'efficacité énergétique, la principale faiblesse

Une analyse plus fine du score global du Maroc montre clairement que l'efficacité énergétique est la principale faiblesse du royaume avec un score de 42 sur 100. Un score que les auteurs du rapport expliquent par l'absence d'un dispositif de contrôle et de suivi du dispositif réglementaire existant. Ainsi, malgré l'existence de lois adaptées, il n'existe aucune obligation d'économies d'énergie pour le service public, aucun standard de performance minimum pour l'efficacité énergétique et encore moins d'audits ou de pénalités pour la non conformité avec les exigences d'efficacité énergétique.

A titre de comparaison, la Tunisie, qui est le premier du classement africain et 17ème au classement mondial, a pris soin de traiter avec la plus grande attention. Le pays a ainsi mis en place des directives très précises concernant les obligations d'économie d'énergie dans le secteur public, a adopté des standards de performance énergétique minimum notamment et a également défini des objectifs de performance pour les grands consommateurs d'électricité.

Et pour aller plus loin, le Danemark, qui est le premier pays du classement mondial, a mis en place un système plus que solide composé d'objectifs précis d'économie d'énergie selon les catégories (grands consommateurs, bâtiments...) et des mécanismes d'évaluation de la performance. Il complète son dispositif par des mécanismes de financement adaptés et une fixation des prix du carbone. Rappelons que l'efficacité énergétique désigne l'état de fonctionnement d'un système pour lequel la consommation d'énergie est minimisée pour un service rendu identique.

Son inclusion dans le rapport en tant que critère majeur n'est pas le fruit du hasard. Depuis maintenant quelques années, de nombreux pays développés (l'Allemagne et les pays nordiques sont les pionniers de ce mouvement qui est maintenant suivi par la France et les Etats-Unis notamment) se sont lancés dans des politiques d'efficacité énergétique d'envergure afin d'optimiser leurs plans énergétiques. La question semble pour le moment sous-traitée mais ne manquera sans doute pas d'attirer l'attention dans les mois à venir.

Quelles orientations pour l'avenir?

Globalement, les conclusions du rapport RISE sont plus que satisfaisantes pour le Maroc. Le royaume s'est hissé à une place honorable dans le classement tant africain que mondial, ce qui démontre l'aboutissement du plan d'envergure mis en place depuis quelques années. Il reste toutefois de nombreux efforts à fournir au niveau de l'efficacité énergétique.

Par ailleurs, même si les bases sont acquises au niveau de l'énergie renouvelable, quelques précisions restent à faire notamment au niveau des règles de définition de la taille et de l'allocation des coûts pour la transmission et la distribution.

Rappelons pour finir que le rapport RISE est un ensemble d'indicateurs mis en place pour permettre une comparaison entre les politiques nationales et les cadres législatifs relatifs aux énergies renouvelables dans le monde. Il se compose de 27 indicateurs qui ont été appliqués dans 111 pays du globe, soit 96% de la population mondiale.

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