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Tunisie: Récession technique - La fin des illusions

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Finissons-en avec le temps des illusions où l'on adoucit les mots pour mieux camoufler les maux.

"Récession Technique", le terme est lâché, le couperet est tombé. La gravité est d'autant plus importante quand on sait que ce terme brut n'a pas été prononcé par un novice de la Finance, mais par le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie en personne, Mr Chedly Ayari.

Inconnu pour la majorité des Tunisiens vu que prononcé de manière inédite par le pouvoir exécutif, le terme "Récession Technique" signifie que le Produit Intérieur Brut de la Tunisie a connu un recul sur deux trimestres consécutifs. Le fait que le PIB tunisien lors du second trimestre 2015 ait été en retrait de 0.7% par rapport au 1er trimestre 2015, lui-même en recul de 0.2% par rapport au dernier trimestre 2014, confirme que le rythme de croissance économique de la Tunisie se trouve bien en phase de ralentissement.

La réalité est amère et le constat est simple: cette période de reflux est durable et à la contraction de l'économie s'ajoute une inflation élevée, une monnaie nationale qui ne cesse de se déprécier et un chômage excessif. Ce contexte difficile affecte le moral des consommateurs mais également celui des investisseurs, ce qui hypothèque d'autant plus l'espoir d'une reprise et ne fait qu'augmenter les inquiétudes sur les perspectives de l'économie tunisienne.

Le numéro d'équilibriste des politiques qui allient à la fois une solidarité à des revendications utopiques et une volonté à appliquer des réformes douloureuses a montré ses limites.

Nous ne pouvons fermer les yeux sur un système économique où les failles sont nombreuses tout en rêvant d'une croissance improbable si nous continuons à ignorer les montagnes de changements devenus vitaux.

C'est avec la même détermination que nous avons démontré au monde notre capacité à réussir notre transition politique que nous réussirons notre transition économique et sociale. Cela passe par une stratégie de développement ambitieuse entrant dans le cadre d'un pragmatisme politique ne laissant la place à aucune forme de démagogie.

A commencer par la fin des discours surfant sur la frustration et le désespoir des Tunisiens dont le but est de faire percevoir à ces derniers que l'acceptation de financements provenant de bailleurs de fonds étrangers serait synonyme d'ingérence dans les affaires tunisiennes.

Oublions les "mesurettes", solutions bancales et précipitées à des protestations farfelues, et définissions un véritable plan de relance face à la crise dans laquelle la Tunisie s'englue. Un plan s'articulant autour de réformes économiques et sociales dont notamment dans le secteur bancaire et le dans domaine fiscal où de timides efforts ont été entrepris, efforts cependant caduques sans véritable outils de suivi.

Notre salut passe par l'apport en savoir-faire et en expérience d'institutions qui ont su accompagner des réformes réussies dans d'autres pays passés par des phases difficiles et semblables à celle que la Tunisie vit actuellement, ainsi que par une réelle volonté de nos autorités à converger vers des standards internationaux tant du point de vue technique que pratique.

Réalisme, pragmatisme et réformisme n'assureront pas forcément une reprise durable mais forment la voie optimale qui nous éloignera du scénario du pire et nous rapprochera de celui du meilleur.

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