Huffpost Maroc mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Soufiane Sbiti Headshot

Pourquoi pas un deuil national au Maroc?

Publication: Mis à jour:
ISTANBUL ATTACK
HUSEYIN ALDEMIR / Reuters
Imprimer

VICTIMES - Peut-être qu'il y a erreur de ma part. Mais après "googlage", j'ai découvert que les derniers deuils nationaux décrétés par le Maroc sont au nombre de trois: le décès de Hassan II, le tragique drame des 80 militaires morts dans un crash d'avion et enfin la mort de l'ancien roi saoudien (!).

Nous avons dernièrement perdu deux Marocaines lors de l'attentat en Turquie. Tristesse et drame. Du côté du Maroc, peu de réactions de la part des autorités, hormis l'ouverture de la cellule de crise au sein de l'ambassade du Maroc en Turquie, il y a eu l'habituelle prise en charge du souverain des frais des funérailles et du rapatriement des dépouilles. C'est tout. Comme s'il était nécessaire qu'on nous rappelle à chaque fois que l'Etat marocain dans son ensemble, avec comme principale machine ses institutions, n'a cure de ses citoyens. Comme si ce même État n'était au final que dépendant du bon vouloir du Prince. Une hypothèse qui pourrait mettre à mal l'image d'un pays debout grâce à ses institutions, et non grâce au leadership d'une seule personne, aussi armée de bonnes intentions qu'elle pourrait être.

Les moments de tristesse et de malheurs n'ont pas pour vocation de servir à des récupérations politiques, me diriez-vous. Mais là n'est pas la question. Pas d'enjeux politiques rassurez-vous, mais d'enjeu national, il y en a. Nous sommes là face à quelque chose qui dépasse l'échiquier politique et qui devrait être ancré dans l'ADN de notre identité: l'unité nationale. Dans ces moments-là, où le malheur s'abat sur un pays, le nôtre en l'occurrence, ou encore sur un citoyen au passeport vert, un des nôtres, il est de l'ordre du raisonnable de faire appel à l'unité du pays et au deuil national. Car après tout, aux côtés des prières qu'on pourrait partager avec notre communauté nationale, il ne nous reste que le Maroc qui nous protège et nous regroupe en son sein.

C'est bien pour cela que les deuils nationaux devraient concerner avant tout ces mêmes Marocains, surtout au vu des circonstances actuelles, lorsqu'ils sont victimes des affres de l'atrocité de l'Homme, du terrorisme.

Mais à quoi bon un Maroc qui nous veut du bien, me diront d'autres? Parce que dans les plus durs moments de l'histoire, face aux aléas d'un monde de plus en plus instable, il est toujours de bonne augure d'avoir notre repère, une terre qui ne nous veut que du bien. Ce n'est qu'avec ce repère que nous atteindrons la cohésion nationale: les différences politiques, voire même religieuses et ethniques, s'effacent pour laisser place à l'idée d'une nation qui débusque les doutes chez ses fils, chez sa jeunesse encline bien souvent à chercher un ailleurs, à s'exiler ou à jouer le jeu des marchands de désespoir, habituellement présentés comme terroristes de nos jours.

LIRE AUSSI: Attentat à Istanbul: Une rescapée marocaine témoigne