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L'engagement citoyen de Winou Etrottoir

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Winou Etrottoir
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Winou-Etrottoir (WET) est un mouvement civique, issu des réseaux sociaux. Il revendique au quotidien le droit du mieux vivre ensemble pour tous les citoyens tunisiens.

Il estime que la démocratie et le civisme sont intimement liés et que la liberté de chacun passe par le respect de la liberté de tous.

Les membres de WET se rejoignent pour dénoncer, en temps réel, les dépassements et condamner les passes droits.

Leur vigilance citoyenne se démarque par sa spontanéité et si les réactions de ses membres semblent parfois confuses, elles permettent bien souvent des débats passionnés sur les droits et devoirs des citoyens tunisiens.

Les membres fondateurs de WET se sont mis à "réfléchir" au débat démocratique qui a trait aux prochaines élections municipales prévues en décembre 2017, voire mars 2018.

Ils sont foncièrement non partisans et se sont engagés à soutenir l'ensemble des membres du groupe WET, avec toute leur diversité et leurs différentes sensibilités politiques, afin de porter haut leurs revendications, qui exhortent à plus de civisme, à plus de démocratie participative et qui visent à améliorer le mieux vivre ensemble dans le respect de l'espace de vie de chacun.

Ils considèrent que notre jeune démocratie se trouve aujourd'hui confrontée à trois obstacles d'importance:

  • La déception de beaucoup de citoyens, notamment des membres du WET, vis à vis des partis politiques et de leurs représentants. Pourtant, jamais les Tunisiennes et Tunisiens ne s'étaient autant engagés dans les partis qu'après le 14 janvier 2011. Depuis, les élections identitaires de 2011 et le votes "utiles" de 2014 ont profondément entamé cette confiance, d'autant plus que l'amélioration tant attendue du quotidien des citoyens, surtout les moins nantis, n'a pas été au rendez-vous. Les partis politiques n'ont aucunement intérêt à persister dans les promesses non tenues. Ils doivent éviter que le futur débat électoral ne se résume au sempiternel discours populiste et au rejet de l'autre. Ce fossé qui se crée dans notre société pourrait certes en intéresser certains et faire le terreau des extrêmes mais dans tous les cas, il accentuera encore plus la frustration des tunisiens.
  • La probabilité d'un fort taux d'abstention aux prochaines élections locales. Les citoyens sont attachés à leurs villages, villes et régions même si leurs conditions de vie se compliquent de jour en jour. L'incivisme y est perçu comme une fatalité, alors que l'histoire nous rappelle les quelques jours qui ont suivi le 14 janvier, lorsque la société dans son ensemble a spontanément réagi, par un extraordinaire élan de solidarité, de respect et de partage. Depuis, une impression générale d'anarchie, de passe-droits, de corruption "revendiquée", de villes-poubelles sont devenus notre quotidien. Depuis plus de six années, aucun des gouvernements mis en place, quel que soit leur bord, ne se sont pas donné les moyens véritables pour lutter contre ces fléaux qui touchent l'ensemble des villes et villages.

    Et le citoyen, mu par un sentiment indiscutable de "tous pourris" et de "je m'en foutisme" généralisé va inéluctablement sanctionner ces échecs répétés. Alors que l'application de la loi pour tous semble être devenue un rêve éphémère, le premier parti de Tunisie pourrait être celui des abstentionnistes. Sans réaction salvatrice, il deviendrait majoritaire, ce qui serait un véritable recul pour l'avenir démocratique du pays.

  • Le débat électoral des municipales, avec les particularités de chaque commune, sera localement biaisé par les politiques menées à l'échelle nationale. Les problèmes du pays sont demeurés les mêmes depuis le 14 janvier. Les majorités successives ne sont pas parvenues à endiguer le chômage endémique et à relever le défi de la lutte contre la grande corruption. Pour les échéances locales, les partis politiques ne peuvent plus se permettre les promesses obsolètes de plus de "Betta" à ceux qui les soutiennent ou à regarder les espaces ruraux devenir des "villages fantômes», et les villes devenir des dépotoirs à ciel ouvert.

L'association WET ne soutient et ne soutiendra aucun parti politique pour les futures élections municipales. Elle tient sa légitimité du groupe WET, fort de plus de 80.000 citoyens, de toutes tendances idéologiques, soucieux de leur indépendance.

Elle se refuse d'agir en leur nom pour servir des intérêts bassement électoralistes.
En revanche, les membres du groupe WET, qu'ils soient sur des listes citoyennes ou partisanes, sont en droit et ont le devoir de porter les principes de WET, pour améliorer le cadre de vie de nos communes et d'en faire des biotopes véritables où le civisme, la transparence et la démocratie participative sont des acquis intangibles.

Il est du devoir de tous de proposer des solutions concrètes, réalistes, transparentes et justes, en rapport avec les problèmes de chaque commune. C'est dans ce contexte que Winou-Etrottoir, en toute indépendance, a souhaité militer pour une charte d'engagement pour les collectivités locales, fondée sur les Principes de WET.

Cette charte est proposée à toute autre association qui s'intéresse au devenir des localités et à l'ensemble des partis politiques reconnus, sans exclusion ni exclusivité. Son contenu n'est que propositions et revendications locales. Elle engagera ses signataires pour un futur débat constructif et pour que les promesses électorales, sur l'ensemble de nos communes, soient réellement tenues et ne restent pas lettre morte...

Parce que déception, abstentionnisme et populisme risquent de porter un coup fatal au processus démocratique.

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