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La mort du roi Abdallah, l'émotion et la lucidité

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Un fameux proverbe tunisien affirme avec malice, tendresse et ironie:

"Dès sa mort, les pieds du défunt s'allongent", pour dire que, dans un élan d'empathie et de pardon, les vivants idéalisent le disparu et oublient tous ses défauts et ses méfaits.

C'est sans doute dans cet état d'esprit que le Président Béji Caïd Essebsi vient de décréter trois jours de deuil national à la suite du décès du Roi Abdallah d'Arabie saoudite.

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C'est aussi dans cet esprit que son successeur, son demi-frère Salmane, âgé de 77 ans, s'est adressé en ces termes à tous les musulmans:

"Nous resterons, avec la force de Dieu, sur le chemin droit que cet Etat a suivi depuis sa création par le roi Abdel Aziz Ben Saoud et par ses fils après lui".

Ces affirmations volontairement naïves ne négligent ni les considérations géopolitiques, ni la raison d'état, ni la "Realpolitik".

Ni l'histoire: le Royaume d'Arabie a-t-il décrété quoi que ce soit lors de la disparition du grand Habib Bourguiba?

Ni le présent: a-t-on oublié que les Saoud ont accueilli les Ben Ali et leur ont accordé l'asile politique et qu'ils refuseront ad vitam aeternam de les livrer à la justice tunisienne?

Quant "au chemin droit que cet Etat a suivi depuis sa création..." pour reprendre les propos du nouveau roi, nous savons que c'est un chemin qui a enfanté un terrible mal. Un mal qui sème la discorde et le fanatisme.

Un mal qui a provoqué la mort de millions de personnes. Un mal qui a détruit plus d'un état arabe... Un mal qui a pour nom, Wahhabisme.

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