Huffpost Maroc mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Sarah Sahel Headshot

Internet4All: Atteindre le sommet technologique en Afrique par un engagement public-privé

Publication: Mis à jour:
INTERNET AFRICA
Thomas Mukoya / Reuters
Imprimer

AFRIQUE - "Les jeunes africains doivent comprendre comment le monde fonctionne, et faire mieux pour leur continent." Paul Kagame, Président du Rwanda et figure emblématique de la reconstruction post-génocide, s'adresse à 50 Global Shapers africains. Aux côtés de ce charismatique chef d'Etat, la jeune modératrice dynamique Rapelang Rabana mène la danse des questions. A moins de 30 ans, Rapelang est à la tête des Global Shapers de Cape Town et fondatrice de Rekindle Learning, une start-up innovante dans les technologies de l'éducation. Rapelang a été reconnue par Forbes parmi les 30 entrepreneurs africains les plus influents. Aujourd'hui, elle interview le Président Kagame sur les ingrédients de la recette miracle de la relance de son pays depuis le génocide.

Le "leapfrog" au cœur du modèle de développement africain

Le Forum économique mondial pour l'Afrique réunit tous les ans les dirigeants politiques, chefs d'entreprise et journalistes de 70 pays. Le Forum donne aussi une place de premier plan à la société civile, aux entrepreneurs sociaux, aux innovateurs, ainsi qu'à la nouvelle génération, représentée par les communautés de Young Global Leaders (moins de 40 ans) et de Global Shapers (moins de 30 ans). Cette année, le Forum envisage le décollage africain sous un prisme technologique, notamment grâce au rôle d'internet.

A l'heure où 70% des Africains ont moins de 30 ans, le développement rapide des nouvelles technologies de l'information nourrit l'espoir d'une croissance plus inclusive pour l'Afrique. C'est le rêve du "leapfrog" à l'africaine. Les acteurs du continent croient en un développement socio-économique exponentiel, au-delà de la voie linéaire suivie par les pays développés avant eux. Cet espoir a d'abord été attisé par la forte pénétration du mobile. Pionnier en matière de "leapfrog" sur le continent, le Kenya a montré l'exemple avec M-Pesa, une solution mobile privée, qui s'est substituée au réseau bancaire classique et représente déjà plus de 40% du PIB du pays et une part croissante de l'épargne. Le paiement mobile s'est propagé sur l'ensemble du continent, élargissant l'accès au financement, là où seul un tiers des habitants a un compte en banque.

Grâce à la 4ème révolution industrielle, celle de la transformation digitale, les cartes du développement économique et social ont été redistribuées. Dans de multiples secteurs, de la finance à l'éducation en passant par la santé, le continent innove et montre la voie du "leapfrog" au reste du monde. Le témoignage du président guinéen Alpha Condé interpella au Forum économique mondial, soulignant que pendant la crise d'Ebola, les technologies, comme la télémédecine, ont contribué à freiner la maladie, en parallèle des campagnes de sensibilisation par les personnels de santé sur le terrain.

paul kagame

#Internet4all: Comment transformer des vœux pieux en débats concrets?

Si l'Afrique peut bénéficier de la révolution digitale, quatre prérequis lui font défaut pour créer un écosystème performant: l'accès à l'électricité, l'accessibilité à internet, les compétences techniques (nécessitant d'abord une révolution de nos systèmes éducatifs) et enfin un contenu pertinent pour répondre spécifiquement aux besoins et défis locaux.

Aujourd'hui, Internet est réservé à seulement 21% d'Africains. Au Forum de Kigali, un premier partenariat, alliant cinq gouvernements (Ethiopie, Kenya, Rwanda, Sud Soudan et Ouganda) aux opérateurs privés tels Ericsson, a été signé pour élargir l'accès à 25 millions de nouveaux utilisateurs. Internet est l'outil privilégié par la génération Y pour échanger, s'informer, entreprendre. C'est un levier pour l'économie et le secteur social.

En marge du Forum, la communauté des Global Shapers a lancé le 7 avril une vaste campagne de communication sous le hashtag #internet4all, militant pour une généralisation de l'accès à Internet en Afrique. 160 millions de vues plus tard, ces jeunes prennent place à la table des discussions.

Des discussions qui s'inscrivent au cœur de notre actualité nationale. Très en avance en matière de connectivité, le Maroc tergiverse pourtant sur le rôle d'internet, entre rentabilité et impacts socioéconomiques indirects. De l'interdiction des services de téléphonie VoIP (Whatsapp, Skype, Viber) au débat récent sur les jeux connectés, la place d'Internet fait l'actualité du Royaume.

Selon l'étude Lions go digital du McKinsey Global Institute, Internet contribuait en 2013 à 2,3% du PIB marocain, principalement grâce aux industries d'outsourcing. La vague Internet4all en Afrique pose aujourd'hui la question du partenariat entre pouvoirs publics et opérateurs télécoms, pour voir au-delà de leur seule profitabilité et encourager les investissements du futur sur le continent et au Maroc.

LIRE AUSSI DANS LES BLOGS:
Close
Ces applications 100% marocaines dont vous ne pourrez plus vous passer
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée
Close
Ces Marocains à la conquête de l'Afrique
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée