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La vie n'est qu'un distributeur

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CASH MACHINE
Chris Helgren / Reuters
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Il existe une vérité que chaque être humain dénigre. Nous sommes tous nés soumis. Nous grandissons indépendamment l'un de l'autre mais nous avons toujours un point en commun entre nous tous. La vérité, c'est que nous sommes esclaves de toute chose matérielle. L'argent devient le maître et le désir son serviteur.

Tout ce qui s'en suit, c'est notre vie. Nous fonctionnons comme les distributeurs à cafés ou à goûters. Il faut mettre des sous pour avoir ce que nous voulons. Et plus nous ajoutons, plus nous aurons un meilleur café ou un Kit-Kat au lieu d'un "momento".

La différence entre l'argent et le maître d'un esclave, c'est qu'en son absence, nous nous sentons perdus et attachés. Au lieu de le repousser, nous faisons l'impossible pour le garder.

J'ai 18 ans et je suis esclave de l'argent. Non, je ne cherche pas à en dépenser pour faire la fête ou pour me payer de nouveaux vêtements comme la plupart penserait. (Quoi que cela serait intéressant aussi; en voilà une preuve d'esclavagisme). Sachez que les enfants et les adolescents sont les premières cibles de l'argent. Simplement parce qu'on veut adhérer à une grande école ou recevoir une éducation qualifiée. Le problème c'est que l'argent tue nos ambitions, notre rêve!

Certes, il existe des bourses offertes et des facilités de paiement. Mais jusqu'à quand tiendrons-nous le coup? De plus, elles ne sont pas accessibles à tous, ni l'argent d'ailleurs. Nous ne pouvons donc pas nous projeter vers l'avenir quand il y a un obstacle qu'on ne peut franchir. Le pire dans tout cela, c'est que ce phénomène commence dès notre plus jeune âge avec l'école maternelle. Avec le système éducatif de nos jours, les parents cherchent de plus en plus à inscrire leur(s) enfant(s) dans des écoles reconnues et donc payantes.

Cependant, nous ne comprenons nos parents que lorsque nous atteignons l'âge de la maturité. Cet âge où nous commençons à dessiner la voie de l'avenir. Dès lors, nous nous rendons compte que tout n'est finalement pas possible comme le pensaient Gad Elmaleh et Kev Adams.

Croyez-moi quand je vous dis que la majorité d'entre nous, les bacheliers, n'arrivons pas à satisfaire nos besoins. Nous rêvons d'aller ailleurs. Nous savons que nous n'allons pas réussir si nous restons. Combien de personnes, en Tunisie, ont-ils décroché un diplôme d'ingéniorat et qu'après sont devenus victimes du chômage?

Personnellement, j'étais contre le fait d'aller travailler dans un autre pays, par patriotisme. Maintenant, je viens de comprendre que partir loin devient une nécessité.
En contrepartie, l'argent seul n'est pas un problème. Certains réussissent mais sans avoir un sous. C'est par détermination et persévérance qu'ils atteignent leurs buts.

L'idéal serait donc de remettre en question le système éducatif et de le rendre beaucoup plus accessible. Il doit aussi être un cadre où les jeunes peuvent rêver et une formation qui les aident à les réaliser. L'argent sera toujours un maître mais avec le développement de la personnalité, il ne devient qu'un besoin.

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