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Regards croisés de femmes palestiniennes et françaises sur la condition féminine

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La condition de la femme serait-elle identique en France et à travers le monde ?

Une dizaine de femmes venues de Palestine s'interroge et échange avec leurs homologues françaises : "C'est quoi être une femme en France et en Palestine ?"

Un débat exclusivement féminin "car il libère la parole".

Les premiers termes tranchent. Un mot, comme un supplice, revient dans les bouches de ces femmes d'Orient : oppression. "Quel sens prend-il ici et là-bas ?".

En ligne de mire l'oppression des hommes, mais également celle des femmes :

"Nous grandissons conditionnées par notre genre. On nous laisse entendre qu'une femme a besoin d'un homme, qu'elle ne peut pas être autonome". Leurs homologues françaises réagissent : "ce mécanisme, nous le retrouvons ici, même si plusieurs milliers de kilomètres nous séparent". Un constat qui va "au-delà de la tenue vestimentaire qui est loin d'être libératrice".

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Têtes nues ou voilées, elles opinent du chef, lorsque l'une d'elles affirme : "Là-bas, on nous oblige à porter le voile. Ici on vous oblige à le retirer !". Et si leur affliction ne dépendait pas que de la gent masculine ? "Beaucoup de femmes disent qu'il faut arrêter de se battre, car la liberté nous l'avons. Elles desservent la cause des femmes, car le harcèlement sexuel existe, les inégalités de salaires aussi".

Sabrine 21 ans, est réfugiée du camp d'Askar à Naplouse. elle est étudiante en sociologie. "L'oppression des femmes par les hommes est un fait, mais elle ne peut pas être dissociée de la politique d'oppression, alors que celle-ci est sur les hommes aussi. Elle nous assujettie et nous empêche d'organiser des programmes pour nous-mêmes, de lutter contre la pauvreté des écoles et l'enseignement auprès des jeunes filles, de mener des activités sportives et culturelles ou de gérer le quotidien".

Madjouline 22 ans, est venue de Béthléem. Elle prépare une licence de psychologie.
"Je travaille et c'est une véritable chance, il n'y a pas beaucoup de travail dans mon domaine. si cela n'avait pas été le cas, j'aurai continué mes études en Master, je refuse de rester à la maison. je perçois les femmes françaises comme insouciantes, j'aime cette façon de vivre, mais elles ne sont pas à l'abri des inégalités. j'essaie de prendre ma vie en main, la société où je vis ne me facilite pas la tâche, mais est-ce que ce n'est pas la même chose ici, où la tradition et les poncifs impactent nos vies ?".

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