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L'intégration régionale, facteur clé du développement économique

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ALGERIA ECONOMY
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Est-ce un hasard si les différentes institutions internationales d'évaluation économique et sociale, qui s'intéressent au degré de développement des pays, se réfèrent généralement aux régions, aux localités et aux terroirs pour s'imprégner de la réalité économique d'un pays ?

En fait, l'épanouissement dont jouissent les capitales et les grandes agglomérations n'a jamais été un indicateur fiable du développement d'une société. Et c'est la raison pour laquelle les politiques de développement économique adoptés de par le monde ne lésinent plus, aujourd'hui, sur les moyens pour lancer des programmes visant notamment à réduire les disparités régionales, à travers le soutien de l'activité économique, la création de l'emploi et de la richesse dans les régions.

En Algérie, il faut reconnaître que bon nombre de mesures ont été arrêtées par l'Etat pour instaurer le progrès à travers tout le territoire national. Depuis plusieurs années déjà, l'on entend parler de politique de décentralisation, d'équilibre régional de développement rural, d'aménagement du territoire et d'encouragement à l'investissement en dehors des grandes zones urbaines.

Mais la réalité montre aujourd'hui que "la répartition spatiale" des entités industrielles ou commerciales, en Algérie, est mal organisée, puisque près de deux entreprises sur trois sont implantées dans le nord de l'Algérie (66.1%). Selon le dernier recensement économique effectué par l'Office nationale des statistiques (ONS), la région du Nord du pays englobe le nombre le plus important d'entreprises, en particulier la région Nord-Centre qui détient plus de 33% des entreprises.

Avec plus de 99 000 entreprises, Alger enregistre le nombre le plus élevé d'entreprises, suivie d'Oran (53 537 entreprises), de Sétif (48 238 entreprises) et de Tizi Ouzou avec 39 722 entreprises. Ces quatre wilayas canalisent plus de 25% des entités économiques. C'est dire que la création d'entreprises en Algérie ne se distribue pas de manière homogène sur le territoire.

Pourtant, tout le monde s'accorde à dire, aujourd'hui, que l'ensemble des régions algériennes disposent d'atouts les habilitant à devenir des pôles d'attractivité économique, aussi bien pour les opérateurs nationaux qu'étrangers. La disponibilité des fonciers (industriels et agricoles), des ressources humaines et des moyens financiers et matériels, en plus de ceux promis par les pouvoirs publics, peuvent contribuer à faire de ces régions des pôle industriels, agricoles, touristiques et des modèles pour la politique de diversification économique alternative à la dépendance aux hydrocarbures.

Un début très rassurant pour l'avenir

Il se trouve que depuis un temps relativement récent, de nouvelles zones économiques ont commencé, à émerger ici et là, incitées par la nouvelle approche économique de l'Etat favorisant tout investissement créateur de richesse.

Le cabinet londonien Oxford Bisness Groupe (OGB) cite, dans son dernier rapport sur l'Algérie, la région de Sétif comme l'une des principales zones économiques du pays, bien qu'elle soit encore loin de son énorme potentiel. "La région a de fortes perspectives de développement industriel et agricole", estime OBG. Dans le domaine agricole, de par les nombreuses opportunités qu'elles offrent, les wilayas du sud s'imposent aujourd'hui comme le nouvel Eldorado de l'agriculture algérienne a l'exemple de la wilaya de Biskra, en plus d'être connue mondialement par sa fameuse datte, on cultive désormais toute sorte de fruits et légumes, rivalisant même avec ceux produits dans le nord.

Ce regain d'intérêt s'explique par les prodigieuses ressources que recèle cette wilaya en particulier et toute la région en général, à savoir l'espace à perte de vue, l'eau et la lumière, Quant à l'industrie, la région de l'ouest du pays abrite actuellement les premières entreprises devant former le futur pôle mécanique où l'on verra l'installation prochaine de plusieurs usines de montage de véhicules, après celle de Renault implantée en 2014.

Selon certains spécialistes, la région de l'Oranie pourrait devenir une véritable plateforme de l'industrie automobile, à condition, bien évidemment, de développer autour de cette région, tout un tissu d'entreprises spécialisées dans la sous-traitance et les équipements. Il en est de même pour le secteur du tourisme pour lequel les pouvoirs publics ont déjà identifié sept pôles régionaux dont, le plus important, est celui couvrant le Nord-Est du pays, formé des wilayas de Skikda, Guelma, Annaba, El Tarf, Souk Ahras et Tébessa.

Cette région se caractérise par plus de 300 km de côte et de 874.000 ha de forêt, constituant le point d'appui et la locomotive pour un développement touristique de niveau régional à dominance balnéaire et renfermant de fortes potentialités pour le développement du tourisme de montagne. Bien entendu, le Grand Sud "Ahaggar" qui s'étend sur une superficie de plus 400 000 Km² constitue également un pôle régional touristique stratégique par excellence, susceptible d'être exploité non seulement sur le plan touristique mais aussi sur le plan économique et social.

En un mot, c'est toutes les régions du pays qui devraient s'engager dans le combat pour le développement des territoires et la dynamisation de l'économie régionale, en brassant les domaines aussi larges, tels que l'industrie, l'agriculture, l'habitat, le tourisme, le développement socioculturel et les métiers de service dont il faut exploiter les gisements.

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