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Créer davantage pour réduire notre dépendance aux importations

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FAROUK BATICHE via Getty Images
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L'Algérie doit plus que jamais développer sa production nationale pour construire une économie solide et indépendante. L'urgence est de se détacher de notre addiction aux importations, et enfin croire en nos capacités et notre savoir-faire.

Réguler le marché extérieur

Plusieurs mesures récemment mises en place par le gouvernement algérien font actuellement débat, dont l'octroi de licences d'importation. Une obligation qui ne suscite pas l'engouement de tous, c'est certain, mais qui permet de poser un cadre. Cadre que l'on peut encore redéfinir et surtout clarifier afin d'assurer un meilleur contrôle des opérateurs et des flux.

Pour cela, il faudrait tout d'abord rendre publiques les conditions d'obtention de ces licences et les adresser seulement à des secteurs qui exigent des années avant de développer une activité 100% nationale.

S'assurer que les importateurs tiendront leurs promesses en approvisionnant de manière équitable le marché algérien.

Enfin, donner la priorité dans la remise des licences aux utilisateurs finaux par exemple, dans le cas des entreprises de bâtiments et travaux publics en leurs permettant d'importer seuls leurs besoins (aciers, équipements...etc), ou les industriels dans l'achat de leurs matières premières non disponible localement.

Elles sont un point de départ pour enrayer la fraude, contre laquelle il faut lutter, et je fais confiance à nos autorités pour réussir cette exigence. Il est bien sûr injuste de priver les entrepreneurs actifs mais dont l'activité dépend encore des importations. Il est préférable de les consulter pour mettre en œuvre un plan de sortie progressif et juste.

Aussi, les licences d'importations peuvent servir d'outil dans le redressement de notre production nationale si elles sont limitées dans le temps avec un objectif fixe, comme le préconisent de nombreux économistes algériens. L'autre solution proposée par des experts économiques est de penser à une taxation fiscale des produits - notamment via une TVA différenciée - selon leur origine et leur "utilité" à l'économie nationale.

Ainsi, nous serions en mesure de réduire les importations et de récolter davantage d'impôts. Des ressources qui pourraient être réinvesties dans notre économie dont le besoin actuellement est important.

"En 2016, la balance commerciale du pays accusait un déficit de 17 milliards de dollars en raison d'importations débridées d'articles pourtant fabriqués dans le pays où pouvant l'être", expliquait récemment un responsable. C'est vrai, nous sommes capables d'assurer la couverture de nos besoins dans divers secteurs, mais il faut trouver des moyens pour motiver les producteurs algériens, ceux qui créent de l'emploi et travaillent dur à maintenir leurs projets malgré une concurrence des produits importés, souvent déloyale.

Autre solution : donner plus de place aux investisseurs étrangers plutôt qu'aux exportateurs. D'autant plus qu'ils sont nombreux à vouloir s'associer aux Algériens pour explorer un marché sous-exploité. Or, à l'heure actuelle il est plus avantageux et facile pour un opérateur étranger d'écouler ses produits (revente en l'état) que d'investir dans le pays. Les raisons à cette situation sont diverses et tiennent notamment aux lourdeurs bureaucratiques et réglementaires, parfois dissuasives.

Investir dans la jeunesse

Il est également indispensable d'impliquer plus la jeunesse algérienne. Lors d'événements organisés par le JIL FCE, nous rencontrons de nombreux jeunes porteurs de projets, tous domaines confondus, motivès ,intelligents et surtout optimistes malgré les annonces répétées d'une crise économique incessante . Nous pouvons les soutenir en facilitant les conditions de création d'entreprise, en les formant et les conseillant durant leur parcours d'entrepreneurs.

L'accès au financement représente également un défi. Il existe pourtant des formes innovantes de financement, alternatives au financement classique (bancaire) qui ne demandent qu'à être développées. Ils ne doivent plus avoir peur de se mesurer à des firmes étrangères mais doivent, à l'inverse, croire en leur talent.

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