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Tirez la sonnette d'alarme, l'éducation agonise!

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Andrea Comas / Reuters
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L'éducation, le point d'Archimède des sociétés, un domaine qui, dans toute nation qui se respecte, agglomère le passé dont on tire les leçons et les sagesses pour pouvoir améliorer le présent, hélas pas prometteur, et le futur des prochaine générations, se trouve aujourd'hui phagocyté, voire paralysé totalement.

Entre le marteau de nos professeurs qui, malheureusement, ne cessent point de véhiculer une image caricaturale et truculente qui nous fait parfois rire, amèrement certes, mais à gorge déployée, et souvent pleurer, comme celle de leur dernière marche pendant laquelle ils ont scandé dans un cocorico corporatiste "Ye jalloul ye houthela hahi jetek errajela".

Oui! Seulement "errajela"! Les femmes enseignantes ne sont pas concernées.

En effet, ces professeurs, au lieu d'incruster les valeurs d'égalité, de tolérance et de citoyenneté, la seule arme pour éradiquer l'obscurantisme et endiguer le dogmatisme et le fanatisme, ne font que nourrir les réflexions primitives et désuètes, déjà trop ancrées dans la culture du citoyen moyen.

Par sectarisme, déjà à son summum, les enseignants mettent les bâtons dans les roues du développement en refusant les critiques, pourtant objectives et réfléchies, et les reproches qui leur sont destinées, provoquant une scission et un clivage manichéens entre "nous" et "vous", "les bons" et "les mauvais", poussés par un syndicat qui perd de jour en jour de sa crédibilité, tantôt par aventurisme, amateurisme et puérilité politique, tantôt par opportunisme et conflits d'intérêts, sous des motifs louables évidemment. Et la campagne hostile, quoique légitime, menée contre l'actuel ministre de l'Éducation en est la parfaite illustration.

Ce syndicat qui se contente et se focalise essentiellement sur la dénonciation de la situation financière des professeurs, sans doute lamentable, passant au second plan, les prenant pour un luxe et une extravagance, l'état horrible de nos lycées, le manque d'équipement qui affecte le bon déroulement des cours, les programmes scolaires inadaptés à l'actualité et aux préoccupations des jeunes en 2016, les emplois du temps étouffants qui empêchent les activités extrascolaires, qui sont pourtant d'une importance égale, etc.

Et enfin l'enclume d'un ministre, le principicule du royaume de l'éducation nationale, dont ni la réalité attristante du secteur qu'il dirige, ni les protestations de tout le corps éducatif n'ont pu refréner les ambitions d'enrichir sa carrière politique, pourquoi pas par un mandant au palais de Carthage, et dont le populisme atteint son paroxysme.

Et pourtant monsieur Neji Jalloul ne semble plus avoir le vent en poupe dont il bénéficiait du "oiseau national", malgré sa docilité extrême et son excès de zèle.

M. Gilbert Naccache, il ne pleut pas que des avions. Il pleut aussi des décisions abracadabrantesques!

Monsieur le ministre, mesdames et messieurs les professeurs, messieurs les syndicalistes: A-t-on, ne serait-ce qu'une fois, demandé l'avis de l'élève, le principal et plus concerné par la réforme du système éducatif?

Son expérience et son vécu quotidien dans les établissements scolaires pendant 13 ans ne lui permettraient pas d'évaluer ce système?

Ou est ce que les rides et la pilosité faciale sont les seuls marques de pertinence et de lucidité?

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