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Le travail, le boss et le Tunisien

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Nous connaissons tous le fameux film, "Le bon, la brute et le truand".

Le monde du travail en Tunisie y ressemble parfois.

Sauf que cette fois c'est un autre scénario.

Le décor est planté, ne manquent que les cowboys.

On a dans les différents rôles les acteurs suivants:

- Le Bon: le travailleur tunisien, celui qui travaille vraiment.
- La brute: le boss (les deux facettes: le bon et le moins bon).
- Le truand: l'autre facette des travailleurs tunisiens, ce qui tirent les autres vers le bas.

Ce qui est bien dans ce film-documentaire, c'est qu'il est de notre quotidien et reflète notre vécu.

Alors bon visionnage:

Fraichement sorti de l'université et avec -tant bien que mal- une formation sur le tas, ainsi qu'une mine d'informations dont il ne sait pas comment l'exploiter, l'étudiant Tunisien se voit dans un monde impitoyable, un monde sans merci: le monde professionnel.

Après être passé par la case incertitude; par chance, par un réseau de connaissances ou par besoin, il trouve un emploi.

Et là il fera la rencontre de "la brute" et du "truand" au même moment.

"La brute" le voit comme une vache à traire, à exploiter, à en sortir tout son jus.

Malgré son inexpérience, le bleu essaye tant bien que mal d'assouvir les désirs de son patron.

Et il n'a pas le choix: soit il suit les instructions, soit il se fait dégager et se retrouve à la case départ.

Si notre "bon" trouve cette fois-ci un bon patron, qui le comprend et qui va essayer de devenir son mentor et lui offrir une bonne expérience, viens là "le truand" qui dés son introduction à l'entreprise va le voir d'un mauvais œil et l'accueillir à sa manière. Il va tout faire que le "bon" mime ces habitudes et adopte les mêmes codes, les mêmes repères.

Ce "truand" nous allons le trouver dans tous les services, toutes les entreprises, sous la forme d'un collaborateur ou d'une collaboratrice.

"Le truand", n'aime pas qu'on casse sa routine, qu'on change ses bonnes habitudes de travail, son métro-boulot-dodo. Celui-ci n'aime pas la créativité, la prise d'initiative, les bonnes résolutions, bref rien de positif.

"Le truand" ne souhaiterai en aucun cas voir les choses évoluer, d'où l'expression tunisienne: "un travail, comme un clou fixé au mur" ("خدمة مسمار في حيت").

Il fera tout pour que personne n'avance, pas même son entreprise.

Le profil du "truand" est comme suit:
Fainéant, lèche-botte, rapporteur et colporteur de bruits de couloir, négatif, égoïste, se voit toujours au dessus de tout le monde, donneur de leçons...

Le profil de "la brute" est comme suit:

Un dieu, le maitre absolu, le "je sais tout", le centre névralgique de l'entreprise. Il aime qu'on lui rapporte tout, et écoute tout.

Tout cela est certes un peu chaotique, mais c'est le quotidien de nombreux tunisiens. Et un jour, notre "bon" deviendra lui aussi "le truand" voir "la brute".

Heureusement qu'une solution existe, et ce n'est pas une solution miracle.

Comme pour toute métamorphose, il faut commencer par soi.

A la place de "La brute", soyez un leader,
A la place du "truand", soyez un meneur,
A la place du "bon", soyez un innovateur.

Comment?

Par un changement de points de vue, de la forme d'intérêts et par de la bonne synergie.

Le "leader", investira sur les bons profils, sur des objectifs, et montrera le bon exemple à suivre.

Le "meneur", sera la locomotive de l'équipe, montrera les bonnes habitudes à apprendre, un levier d'équipe.

"L'innovateur", apportera de la fraicheur, de la bonne volonté et sera parmi les piliers de l'entreprise par ses apports en productivité.

Pour l'évolution du pays, il faut commencer par soi-même, avoir cette envie de briser les chaines de la stagnation et de l'ignorance.

Pour un avenir meilleur, il ne faut pas jouer solo mais en équipe, et que tous les membres de cette équipe mènent à bien leurs missions, c'est-a-dire être efficace, en administration, sur le terrain ou dans les hautes sphères.

Et là nous pourrons espérer une bonne fin de film, à savoir l'évolution d'une nation.

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