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Les femmes à l'origine de la violence faite contre elles-mêmes

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WOMEN TUNISIA
Mary Turner via Getty Images
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La violence émanant des hommes est notoire, les chiffres en attestent à travers les multiples études faites en la matière par aussi bien des organismes officiels que la société civile, des chiffres qu'on recense à chaque journée liée à ce sujet comme le 25 novembre (Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes), à chaque fait divers relatant ces formes de violence.

On se mobilise alors, à chaque fois, pour crier haro sur le sexisme sévissant, l'oppression du patriarcat, ces hommes impitoyables, arriérés. Ces méchants hommes.

Et nous, nous les femmes, à qui justement ce patriarcat nous incombe la responsabilité d'éduquer ces garçons, de les dorloter, de les aménager parce que ce sont des futurs hommes.

Car ces hommes étaient jadis petits, de charmants enfants que nous, les femmes, avons tant choyés: "t'es un homme, les hommes ne pleurent pas", "un homme ne doit pas être maniéré", "un homme doit se défendre lui-même, répondre par la violence si on le violente". Toutes ces phrases ressassées par les femmes, devenues mères, à leurs mâles.

Quand ces dernières inculquent la force à leurs garçons,avec leurs filles, elles ne font pas pareil. Ce sont des filles, de jolies petites filles qui doivent être dociles; elles doivent laver la vaisselle, s'occuper du linge, essuyer, nettoyer, aider la pauvre mère débordée, sans l'aide de son mari, de cet homme si macho, trop gâté jadis par sa belle-mère et qui devenu grand, trouve dégradant pour sa virilité d'aider sa femmes dans des travaux ménagers aussi "féminins". Alors c'est cette petite fille qui s'en occupera, après tout c'est la spécialité des femmes, leur destin presque.

Leur destin est aussi de se marier, de procréer, parce qu'une femme est incomplète sans un homme. Elle a beau faire des études, de grandes études, elle est amputée sans un mari et c'est sa mère qui le dit, qui le radote. C'est elle aussi qui lui conseillera de s'occuper de son mari-enfant, l'aménager des tracas du ménage "un homme travaille beaucoup et doit trouver le repos auprès de sa femme", peu importe si cette dernière travaille aussi, elle, elle a l'habitude enfin, c'est ainsi les femmes, c'est leur destin.

Cette mère conjure aussi à sa fille de revenir à son foyer conjugal après que son méchant mari l'ait violentée: "préserve ton foyer, tes enfants, fais des concessions, ferme l'oeil, c'est ainsi les hommes". Ces méchants mâles.

Alors si la violence du patriarcat instauré par les hommes pour garder le contrôle sur les femmes et leur corps est aussi solide, c'est qu'il est indûment préservé par les femmes, consciemment ou inconsciemment, défendu par elles.

Loin des médias, des grands discours vantant les droits des femmes, l'égalité des sexes, une réalité perdure, maintenue par des femmes.

Brisons alors, nous les femmes, ce cercle vicieux, on gagnera en cohérence, en efficacité, et en humanité.

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