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Crise diplomatique entre les États du Golfe, un effet Trump ?

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DONALD TRUMP SAUDI
Anadolu Agency via Getty Images
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Telle une tornade qui emporte tout sur chemin, la visite du président américain Donald Trump, vient d'emporter avec elle les relations diplomatiques entre les pays du Golfe, après avoir réussi à emporter des contrats de plus de 380 milliards de dollars américains en Arabie Saoudite.

En effet, l'Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn ainsi que l'Égypte viennent d'annoncer la rupture de leur relation diplomatique avec le Qatar. Officiellement, les voisins du Qatar l'accusent de soutenir les groupes islamistes et de semer la discorde dans la région. Pour toute personne avertit au sujet du monde arabo-musulman, ces accusations peuvent être perçues comme l'hôpital qui se moque de la charité, l'Arabie Saoudite étant la matrice idéologique du wahabisme, principale source idéologique du terrorisme islamiste dans le monde.

Néanmoins, l'utilisation de ces termes n'est pas anodine en relations internationales et pourrait signifier une volonté de la part des États du Golfe, principalement de l'Arabie Saoudite, d'un changement de politique dans la région du Moyen-Orient.

En froid avec l'administration Obama, qui avait refusé d'intervenir en Syrie et qui préférait l'Iran à l'Arabie Saoudite, cette dernière a dû accepter la politique du Qatar dans la région. Doha abrite et soutient en effet, un nombre d'organisations islamistes, telles les frères musulmans.

Avec le retour de l'Arabie Saoudite dans le giron des États-Unis, les Al Saoud n'ont plus besoin du Qatar et de ses organisations, qui ont toujours été mal vu par Ryad. En effet, les Al Saoud considèrent les frères musulmans et l'islam politique hors wahhabisme, comme un danger pour leur légitimité aussi bien interne qu'externe.

Les Qataris sont désormais sommés de lâcher les organisations islamistes qu'elles soutiennent et de s'aligner sur la nouvelle ligne américano-saoudienne dans la région et principalement en Syrie. Toutefois, la position du président américain à ce sujet n'est pas claire et surtout aléatoire. D'une part, il est contre l'ingérence en Syrie, d'autre part, il menace et autorise les frappes contre le régime syrien.

Pour le moment, il est difficile de dire quelle sera la politique de l'Arabie Saoudite en Syrie et dans la région, mais on pourrait supposer qu'il y ait une volonté de résolution du conflit en éliminant les groupes islamistes qui pourraient constituer un danger pour cette monarchie.

Cette élimination politique pourrait ne pas seulement toucher le dossier syrien, elle pourrait aussi toucher le dossier palestinien, puisque le Hamas principale mouvement islamiste qui ne reconnait pas Israël et qui gouverne la bande de Gaza est soutenu par le Qatar. Lespropos tenus par le président américain en Israël après sa visite en Arabie Saoudite indiquant qu'il existe " rare opportunité de paix" peuvent être lus dans ce contexte.

Comme en 2014, après la rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et les pays du Golfe pour les mêmes raisons, le Qatar devrait céder aux demandes de l'Arabie Saoudite. Si cela n'est pas le cas, un coup d'État pourrait être imaginer de la part de princes Qataris proches de l'Arabie Saoudite, risquant d'embraser encore plus cette région.