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Le Maroc et le défi de la postmodernité

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SOCIÉTÉ - Les tragiques événements de Barcelone et les affaires de viols et de zoophilie au Maroc démontrent une bien amère vérité: le fond du problème est bel et bien notre entrée dans cette nouvelle ère qu'est la postmodernité.

Prétendre vouloir moderniser le Maroc n'a peu, sinon pas de sens lorsque l'on constate les nombreux problèmes de société auxquels le Maroc est confronté.

Religion et postmodernité

Beaucoup se perdent dans des conjectures et débats sans fin sur la religion au Maroc sans en aborder le véritable fond: l'aborder avec rationalisme ou conservatisme, termes incohérents et en désaccord avec le véritable esprit pensant et qui ont fait leur temps, ou avec lucidité et compréhension.

En effet, il ne s'agit pas de décider du bien-fondé de telle ordonnance religieuse ou de sa reconnaissance dans la société, il s'agit en revanche de légiférer sur l'hypocrisie religieuse et sa marque de fabrique qu'est la religiosité face au monument de la croyance alliée à la raison sensible: le soufisme, véritable islam, selon moi, de par sa qualité de fond.

Et c'est bien ce défi que le Maroc doit relever: enseigner la raison sensible croyante par l'éducation, l'empathie et la bienveillance. Et on ne peut le faire autrement que par un enseignement accru et poussé des valeurs fondamentales qui lient les êtres humains, dépassant leur différences les plus intrinsèques. L'élimination des tabous et l'instauration d'un véritable dialogue parents-enfants fait partie de l'élaboration d'une société compréhensive et ouverte.

Une société basée sur un rapport anarchique et acculturel à la religion ne peut dégénérer qu'en religiosité, comme nous le constatons au Maroc.

Ne croyons pas que le défi à relever est si difficile que ça, bien au contraire. Les principaux moyens de faire comprendre au peuple que la voie de la sérénité et de la prospérité intellectuelle est source d'harmonie ne saurait se réaliser que par l'éducation et par des campagnes audacieuses.

Le message à faire comprendre sera sûrement inattendu: il s'agit de revenir au fond même de la pensée musulmane et donc soufie: l'empathie, la tolérance et la bienveillance, valeurs bien évidemment alliées au progrès scientifique, dont le Canon de médecine d'Avicenne est un fabuleux avertissement pour notre temps: la science est l'alliée de la foi.

Du défi technologique au défi social, analogie postmoderne

L'utilisation de la technologie au Maroc a fait évoluer les rencontres avec le monde extérieur et les communications, mais - et c'est là où réside le "mais" - croire que la majorité des individus utiliseront Internet, notamment, à bon escient, est une utopie.

Lorsque je remarque que les videos les plus populaires ont pour thème la sorcellerie, les violations de la vie privée et autres dégénérescences morales, tandis que les informations scientifiques et de vulgarisation sont moyennement visionnées, il convient de dresser un bilan fort peu flatteur. Je tiens à informer que ce n'est point du pessimisme que je fais là, mais un retour à la réalité afin de dépasser certaines formes d'idéalisme stérile.

Les campagnes publiques, l'éducation, et surtout le retour aux véritables valeurs religieuses doivent mener à l'éradication de toutes velléités envers son prochain et notamment au respect de la vie privée de chacun.

Ainsi, l'entrée du Maroc dans l'ère de la postmodernité ne doit pas pour autant nous sembler être proche du chaos et de l'incertitude, car il suffit d'audace et de volonté dans les politiques publiques, et l'ordre des choses sera réalisé.

J'ai ainsi démontré qu'il ne suffit pas de s'occuper de défi économique car les défis sociaux de tout genre peuvent être de sérieux boulets aux pieds d'un pays, et ce même s'il est développé économiquement parlant.

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